Fab-Dis facilite les échanges entre acteurs du bâtiment

L’univers des fabricants et distributeurs de matériels et matériaux relatifs au bâtiment s’est, profondément métamorphosé depuis 20 ans. Alain Melliet, chef de service référentiel des articles chez Saint-Gobain Distribution Bâtiment se souvient : « En 1991, nous travaillions avec une cinquantaine d’articles. Aujourd’hui, nous en manipulons plus de 5 000 et devons délivrer plus d’informations à nos clients ». Le nombre de références a non seulement explosé mais diversifié les natures de composants, matériaux, réglementations, règles d’écriture, sachant que les distributeurs et fabricants ont été, de leur côté, multipliés par dix en 2 ans… La profusion finit par confondre. Par exemple, il est difficile de différencier une « unité tarifée » d’une « unité de base ».

La deuxième mouture s'introduit progressivement chez les industriels

Initiateurs d’un premier « format Excel d’échange de données », Fab-Dis, gratuit en 2014, la Fédération des grossistes en matériel électrique (FGME) et le groupement des industries du génie numérique, énergétique et sécuritaire (Ignes) diffusent depuis le début de l’année sa deuxième version siglée « 2.2 ». « Dans cet embrouillamini de langages, notre volonté a été de régler les référencements, de mettre en forme les pièces disponibles pour tous les acteurs d’un chantier », présente Vincent Huin, directeur de développement d’Ignes. Si aujourd’hui 80 % des transactions issues d’appels d’offre dans le domaine électrique, utilisent la solution Fab-Dis dans leur logistique, tous les acteurs de la chaîne du bâtiment pourraient à terme, s’en doter. Gain de temps dans l’enregistrement des articles, diminution des erreurs de référencement, clarification et valorisation des fournisseurs : voici les promesses du dispositif. Aujourd’hui, quelque 500 utilisateurs se lancent parmi lesquels SGDB, Rexel ou encore Soprema… Si les équipementiers BTP ne sont pas encore inclus, ils font partie des réflexions, assurent Ignes et FGME.

Réglementation et script de contrôle

Peti à petit, les nouveaux utilisateurs apportent leur pierre à l’édifice des attentes imaginées autour de cet outil. La version V 2.2 est un premier résultat des mises en commun. « Les pans de son développement se résume en deux points majeurs : la possibilité de renseigner et mettre à jour la conformité des produits et l’élargissement de métiers : l’univers des matériaux est approché », confirme Roland Mongin, le délégué général de FGME.

À l'horizon : le BIM

« Nous n’avons pas d’objectif en termes d’utilisateurs, précise Vincent Huin. Tous les acteurs gravitant autour de la construction sont concernés. Mais il faudra au moins 5 ans pour que le fournisseur se familiarise au Fab-Dis, le temps que les marques prépondérantes impriment le ton ». En attendant, nous continuons d'approfondir l’outil. Dans le courant de l’année, nous ajouterons un script de contrôle, c’est-à-dire un algorithme capable de vérifier le bon enregistrement de la référence. Enfin, les concepteurs de cette 2e mouture de Fab-Dis l’assurent : elle sera compatible avec la modélisation des données du bâtiment en gestation : « Des morceaux y seront prélevés à la pince à épiler puis intégrés à la maquette numérique du BIM dont nous ne connaissons aujourd’hui, que les contours ». Cette vision écarte d’emblée le risque que le système BIM intègre son propre système de gestion logistique : « s’ils savent qu’une méthode existe, ils ne s’entêteront pas à concevoir une nouvelle formule » !

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