Croissance inespérée de 4% de l’activité Bâtiment

Si elle s’accorde avec les observatoires professionnels et constate depuis la mi-2016 une reprise de l’activité, la Fédération française du bâtiment constate même une croissance plus forte qu’espéré : le premier trimestre enregistre une hausse de 4 % (par rapport à la même période l’année passée). « Ce rebond est d’autant plus remarquable qu’il dépasse au premier trimestre nos prévisions estimées sur l’ensemble de l’année. En décembre, la FFB avait en effet envisagé une hausse de 3,4 % en 2017 », présente Jacques Chanut, président de la FFB qui vient d’entamer son deuxième mandat. Or, le marché du neuf devrait, selon ces mêmes analystes, continuer d’augmenter d’environ 7 % sur le reste de l’année.

Des travaux dans le neuf dynamiques

Deuxième constat inchangé depuis un an : la locomotive de cette reprise est l’activité dans le neuf. « Ce secteur a augmenté au premier trimestre de 8,5 %, surtout pour ce qui concerne le logement (12,8 %) car le non résidentiel ne pèse dans ce pourcentage que 0 ,4 % », souligne la fédération. L’amélioration-entretien traîne toujours la patte (elle croît d’un faible 1%). Et les mises en chantier dont la planification est programmée d’ici le mois août devraient permettre d’augmenter encore les statistiques. Selon les prospectives de la FFB, les mises en chantier de logements devraient augmenter de 17,6 % d’ici août, tandis que les démarrages de travaux dans le non résidentiel devraient croître, dans cette même période, de 3,3 %.

Sur le front de l’emploi

Phénomène de vases communicants, l’activité reprend de la vigueur, les embauches aussi. « 16 300 emplois ont été contractés au premier trimestre dont 14 400 en intérim et 1 900 en CDI. Une progression qu’il est bon de comparer avec les 180 000 postes détruits depuis 2008 », commente Jacques Chanut.

Certes, l’environnement économique stable rassure, les perspectives de l’Insee révise à la hausse ses prévisions pour 2017 les estimant aujourd’hui à 1,6 %.

Quatre bémols en arrière-plan

En présentant ces résultats certes, encourageants, la FFB ne manque pas de rappeler que certains points peuvent enrayer la reprise.

  • la hausse des prix de l’immobilier. Si elle n’est pas homogène sur le territoire, elle pèse sur la solvabilité des investisseurs.
  • Une lente démocratisation de la simplification administrative. "La simplification des règles, celles relatives à l'embauche au premier chef, peinent à s’ancrer dans les mœurs", déplore Jacques Chanut
  • La transition énergétique, faute de mesure incitative gouvernementale forte, reste peu effective. "La rénovation de 380 000 logements privés et 120 logements sociaux tous les ans, [objectif du plan de rénovation énergétique de l’habitat fixé en 2013] est loin du compte", note la FFB.
  • La crainte face à l'emploi. Si les embauches reprennent, "le traumatisme de 8 années de crise subsiste, reconnaît Jacques Chanut, malgré le besoin en main d'oeuvre. La FFB plaide auprès du gouvernement pour qu'il soit réétudié le programme d'apprentissage. 160 000 postes devraient être, toutefois, créés sur l'année.

Copyright photo d'ouverture : Laurent Blossier.

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