Le retour du laitier moulu

La production de ciment à partir de laitier moulu, utilisé principalement comme liant hydraulique, se démocratise peu à peu en France. Employé dans la construction d'un bassin de rétention d'eau à Clermont-Ferrand, son fabricant Ecocem revient sur l'histoire du matériau.

Au début du XXe siècle, l'utilisation du laitier était bien plus fréquente qu'aujourd'hui, nous explique Ecocem France, producteur de béton d'ingénierie dit "laitier", issu de la réutilisation de coproduits sidérurgiques. Or, la ligne 1 du métro et le palais Chaillot à Paris, qui en est composée en grande partie, est réputée pour sa résistance.

Mais de nos jours, Ecocem le reconnaît : l’incorporation de laitier granulé de haut-fourneau moulu dans les bétons de construction, qui plus est lors d’opérations de génie civil, se fait rare en France. Et pour cause, la norme européenne NF EN 206-1, révisée en 2013, plafonnait avant cette année-là, le taux de substitution du béton CM1 à 30 %. Aujourd’hui, cette limite est élevée à 50 %, mais les habitudes sont ancrées.

Petit à petit, la connaissance de ce matériau de remplacement gagne néanmoins dans la profession. La fourniture de laitier d’Ecocem France croît, depuis sa création en 2007 émanant d’une alliance avec ArcelorMittal Méditerranée (actionnaire à hauteur de 49 %). À Dunkerque (Nord) et Fos-sur-Mer (Bouches-du-Rhône), où l'entreprise puise le laitier granulé, la production annuelle a été multipliée par deux en cinq ans, atteignant 750 000 t. Avec son second site mis en service à Dunkerque en avril 2018, le groupe d’origine irlandaise ambitionne de doubler ce chiffre dès cette année. À l’échelle européenne, Ecocem dispose de deux autres sites de production, l’un à Moerdijk (Pays-Bas), l’autre à Dublin (Irlande).

Photo d'ouverture : La dalle de couverture du futur bassin de rétention d'eau Belle-Ombre clermontois a été bâtie en grande partie avec du laitier moulu fourni par Ecocem. Photo prise le 25 avril 2019.

Vous retrouverez l'article dans sa version longue dans notre magazine n°134.

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