Syntec-Ingénierie : Le BIM ne pourra se développer sans l’apport de l’État !

Alors qu'elle souligne dans une étude du PTNB la progression de la modélisation des données numériques dans le Bâtiment, la fédération professionnelle de l'ingénierie Syntec-Ingénierie en appelle au futur gouvernement pour accélérer le mouvement de sa mise en œuvre.

Dans le sillage de la deuxième édition du salon BIM World (tenu à La Défense, les 29 et 30 mars), les résultats du deuxième baromètre, initié par le Plan Transition Numérique dans le Bâtiment (PTNB), mesurent l'évolution de l'imprégnation de la modélisation numérique des données du bâtiment (BIM) chez les professionnels français du BTP. L’étude, à laquelle a participé la Fédération professionnelle de l'Ingénierie, Syntec-Ingénierie, révèle que plus d’un professionnel sur trois utilise désormais le BIM dans ses opérations (contre 27 % en mars 2016).

Un maître d’œuvre sur deux utilise la modélisation

Ainsi, sur neuf mois, le pourcentage de professionnels déclarant ne jamais utiliser le BIM a diminué de 8 points) même s’il reste encore à un niveau élevé (65 %). La transition numérique est en marche mais le chemin à parcourir est encore long ! Ainsi, 26 % des maîtres d’ouvrage déclarent avoir adopté le BIM. Les maîtres d’œuvre figurent la catégorie professionnelle à l’intérieur du BTP dont la progression de la modélisation des données du bâtiment (BIM) est la plus forte : passée de 37 à 50 % en quelques mois de 37% à 50%.

Les qualificatifs « intéressant » et « nouveau » choisis par les personnes interrogées progressent de 5 points, quand les attributs dépréciatifs « coûteux », « marketing » et « inutile » déclinent respectivement de 7 ; 3 et 2 points.

Investissement, manque de cadre et de savoir

Néanmoins, persistent des freins, liés au coût d’investissement, au manque de compétences (80 % de l’échantillon examiné ressent un manque de connaissance) et à l’absence de standard des outils et surtout des protocoles. Ce dernier reproche devenant très marqué (+ 7 points). Pour ce qui concerne les pouvoirs publics, ils sont plus attendus sur l’action en faveur de l’adoption de standards, qui progresse de 4 points. La demande de soutien à la formation lui stagne quant aux aides financières, elle recule (- 4 points).

À noter enfin que de plus en plus de professionnels (39 %) souhaiteraient que les pouvoirs publics fassent évoluer la réglementation de manière à inciter l’usage du BIM. Pour 53 % des maîtres d’œuvres, l’État doit en premier lieu soutenir la formation  

« Côté maîtres d’ouvrage, l’utilisation du BIM reste néanmoins encore faible : seuls 28% le réclament pour leurs projets. Nous voulons les encourager en leur donnant des gages de confiance sur la qualité des processus et des livrables. La certification pourrait être une solution pour établir clairement le ROI du BIM », explique Ludovic Vaz, président du bureau Bâtiment de Syntec-Ingénierie.

Méthodologie de l’enquête

385 067 professionnels ont été interrogés par courriel entre le 29 novembre et le 26 décembre 2016. Dans ce corpus, 1 246 personnes ont répondu (soit une hausse de 18 % par rapport à la première enquête). Le panel des interrogés se répartit ainsi :

  • 203 110 entreprises de BTP
  • 61 601 maîtres d’œuvre
  • 78 013 maîtres d’ouvrage
  • 37 748 industriels
  • 4 595 gestionnaires de patrimoine

Si l'action du PTNB doit s'achever à la fin de l'année, son directeur Bertrand Delcambre n'est pas dupe : "Il faut le poursuivre au-delà".

Sur le plan des préconisations, le Plan considère que le service en ligne d'aide au choix des outils du marché disponible sur son site "devrait être utile aux PME et TPE qui sont désemparées devant le foisonnement de l'offre". Il estime enfin que la création d'une plateforme collaborative publique, mise au point par le SCTB, "constitue un des plus gros enjeux des années à venir".

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