Moins de défaillances, besoin d’apprentis

L’économie du bâtiment va mieux, plus vite qu’espéré et donc, la conjonction de planètes agissant, le nombre de défaillances d’entreprises se résorbe aussi. « Hors cas des micro-entrepreneurs, les créations d’entreprises dans la construction s’inscrivent en hausse de 4,6 % en glissement annuel sur le premier quadrimestre », note la Fédération française du bâtiment.

Une moyenne de 4 433 entités a donc ouvert par mois. Quant aux défaillances de sociétés, elles se replient aussi de 16,8 % en glissement annuel sur le premier trimestre (contre – 13,6 % en 2016), évalue la Banque de France. Selon ces statistiques, 1 007 entreprises seraient donc toujours menacées.

Dans le même temps, l’embauche d’apprentis pêche toujours, déplore la FFB. Malgré son estimation de 16 300 postes créés d’ici la fin de l’année, les chefs d’entreprises manquent de jeunes en formation. « Nous allons peser auprès du gouvernement pour que le cadre des embauches de ces apprentis soit réorganisé. La réglementation, compliquée, dissuade les patrons », remarque Jacques Chanut, président de la FFB.

Point de vue des centres de formation initiale en BTP

Néanmoins, le Comité de concertation et de coordination de l'apprentissage du bâtiment et des travaux publics, le CCCA-BTP, estime autour de 8 000 le nombre d'offres de recrutement d’apprentis proposées par les entreprises du BTP (tout profil d’entreprise) en France. Cette association nationale, professionnelle et paritaire est chargée de mettre en œuvre et de coordonner la politique professionnelle de formation initiale aux métiers de la construction par l’apprentissage, définie par les partenaires sociaux de la branche.

 Elle constate : "la reprise économique dans le secteur encourage les entreprises du BTP à renouer avec le recrutement d'apprentis, cela intervient après plusieurs années d’une importante baisse. Or, cette atonie prolongée a naturellement réorienté de nombreux jeunes vers d'autres secteurs professionnels".  Du temps est nécessaire pour convaincre à nouveau, alors que les mutations numériques, techniques et technologiques pressent le besoin d'une main d'oeuvre qualifiée. Les projets de construction, l'intégration progressive de la modélisation, par exemple, appellent des évolutions en matière de compétences professionnelles. Le défi est aujourd'hui de les souligner d'autant plus dans les écoles. Le métier du compagnon change, lui aussi, de paradigme...

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