L’artisanat du bâtiment va mieux

L’artisanat du bâtiment reprend le chemin de la croissance. La Confédération de l’artisanat du bâtiment, la Capeb, portée par la voix de son président Patrick Liébus publie une augmentation de 1,5 % au cours de l’année 2016. « Les entreprises de moins de 20 salariés représentant 59 % de la population professionnelle du bâtiment, rappelle Patrick Liébus, ont vu leur activité globale — neuf et entretien-rénovation — augmenter de 2 % au 4e trimestre 2016 ». La dynamique observée tout au long de l’année s’affirme, surtout dans le neuf (2,5 % en 2016).

Et les indicateurs pour 2017 sont plutôt favorables. Les permis et mises en chantier sont à la hausse et permet à nouveau aux chefs d’entreprise une visibilité solide. « Ces résultats n’auraient été aussi encourageants sans les dispositifs de prêts à taux zéro (PTZ +), nuance-t-il. Les crédits d’impôt de transition énergétique, et la loi Pinel doivent perdurer pour stimuler les demandes en travaux de rénovation », prévient-il encore. Car dans l’ancien, l’évolution positive est moins franche : +0,5 % sur l’année (+1 % au 4e trimestre).

Quoiqu’il en soit, et c’est un fait nouveau depuis longtemps, la reprise profite à l’ensemble du territoire, même si cela est en proportions inégales. Alors que les régions du Nord-Ouest affichent un dynamisme notoire (Pays-de-la-Loire +3,5 %, Bretagne + 3 %, Normandie +2,5 %), la croissance se limite à 1,5 % en Île-de-France, en Bourgogne-Franche-Comté, Grand Est et Occitanie.

Président de la Confédération des artisans du Bâtiment, Patrick Liébus est avant tout couvreur à Bourg-en-Bresse (Ain).

Président de la Confédération des artisans du Bâtiment, Patrick Liébus est, depuis 45 ans, couvreur à Bourg-en-Bresse (Ain).

Les nuances. Ces derniers chiffres prometteurs n’effacent pas l’inquiétude au sujet de la trésorerie. « Les 300 000 entreprises que nous représentons nous font part d’un besoin d’environ 16 000 € de trésorerie pour absorber correctement le regain de leur carnet de commandes », commente Patrick Liébus. Globalement, 31 % de celles-ci déclarent un manque de réserve financière. Ce qui n’encourage logiquement pas les embauches. Le 3e trimestre de 2016 a vu une diminution de 0,3 % des recrutements conclus dans le bâtiment.

Les prix pratiqués sont toujours trop bas. La tendance est attisée par une concurrence toujours plus vive. Les volumes sont certes plus significatifs mais les devis en valeur, moindres.

Enfin, un point noir se note encore sur le plan de la formation. Les entreprises artisanales du bâtiment peinent toujours à employer. "Dans le  métier de couvreur, par exemple, les entrepreneurs ont de la difficulté et déplorent le système de l'enseignement en France. Les jeunes sont mal orientés", remarque le président de la Capeb. Maintenant que le secteur reprend du poil de la bête et à l'orée d'un changement présidentiel, le moment est propice pour bouger les lignes. Dans les écoles, pour commencer.

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