SCMF : “Pour que l’acier soit mieux considéré”

Le Syndicat de la construction métallique de France confirme une franche dynamique du secteur d’activité de ses 800 adhérents. L'activité des professionnels de la construction métallique a progressé de plus de 3,5 % (soit 3,8 Md€), dans l’Hexagone, en 2019, une hausse continue depuis cinq ans. Les carnets de commandes dégagent une visibilité à plus de 6 mois.

Cela dit, le syndicat pointe toujours des difficultés de recrutement grandissantes, d’autant qu’il constate que les effectifs des entreprises croissent dans le même temps (+1,09 % en 2019), celui des intérimaires de 14,2 %.

Un autre chapitre préoccupe les équipes du président Roger Briand : l’empreinte carbone de l’acier surévaluée selon lui, porte préjudice à la profession.  « Les premiers aciers recyclés remontent à 1856 avec le four Martin-Siemens, rétorque-t-il. Aujourd’hui, 93 % des utilisés sur les chantiers proviennent de matériaux recyclés. Valérie Prudor, secrétaire générale du syndicat L'Enveloppe Métallique du Bâtiment va plus loin : « Nous continuerons à plaider pour que soit prise en compte l'intégralité du module D, c'est-à-dire des valeurs telles que les performances et les bénéfices environnementaux du recyclage, de la valorisation et de la ré-utilisation du matériau ». 

Répartition des tonnages usinés par nature d'ouvrage

graphique-répartition-corps-metiers6

Les mêmes critères d'évaluation partout en Europe

Pour l’heure, les fiches de déclaration environnementales et sanitaires (FDES) renseignées par les fabricants volontaires ne réclament pas les mêmes indicateurs que nos voisins européens. « Les critères requis en France sont plus nombreux qu’ailleurs sur le Vieux Continent. Le problème est qu’actuellement, la France ne retient pas la totalité des bénéfices environnementaux du recyclage, de la valorisation et de la réutilisation (réemploi) du produit ou des matériaux », assure-t-elle. Les deux syndicats comptent intensifier ses efforts auprès des pouvoirs publics pour que soit reconnue, par exemple, la nécessité de mieux prendre en compte la fonctionnalité de l’acier et non le composant en mètre cube. « L’acier est recyclable après de nombreux cycles d'utilisation et ce, sans perdre de caractéristiques mécaniques », poursuit Roger Briand.

Philippe Hostalery, directeur général du CITCM, syndicat français de la construction métallique ajoute qu'en étant chauffé, l'acier recyclé peut voir améliorées ses performances mécaniques : "Si cette information était davantage connue, elle aiderait à industrialiser l'acier sur les chantiers, ce que nous encourageons même si le marché n'est pas encore prêt". Aujourd'hui, les constructions de bâtiments industriels sont celles requérant le plus d'acier, selon le SCMF. Il relève 425 727 tonnes usinées pour leur seul secteur, soit 57 %.

Partagez cet article :
20

Les commentaires sont fermés.