Notre top 20 de BTS MMCM inédits cette année

Circonstances sanitaires obligent, les examens relatifs à la maintenance des matériels de construction et de manutention ont été remplacés, cette année, par du contrôle continu. Appliquée à une formation où les travaux pratiques sont cruciaux, cette méthode d'évaluation peut-elle laisser craindre une différence de qualité avec le diplôme traditionnel ?

Examens en ligne, devoirs à la maison, contrôle continu… Une chose est certaine : un trimestre de formation s’est bel et bien évaporé. Les professeurs eurent beau user de tous leurs moyens auprès de leurs élèves, du 16 mars au 16 juin, ces derniers n’ont touché ni outil ni machine, ni manipulé de valise de diagnostic. Leurs salles de classe se sont réduites à la taille de leurs écrans. Qu’il soit celui de l’ordinateur ou du téléphone, l’exercice s’est souvent révélé compliqué pour déchiffrer une notice technique ou un plan de coupe. David Laposse, proviseur du lycée Charlie-Chaplin de Décines (Rhône), estime que le corps enseignant n’a pu compenser « 15 % de formation en moins pour un diplôme obtenu sur deux ans ». Le BTS fait partie de ceux-là, sachant que celui de Maintenance des matériels de construction et de manutention (MMCM) implique beaucoup de travaux pratiques et d’heures passées mains dans le cambouis.

Malgré tout, 24 établissements nous ont communiqué leurs résultats BTS. Ils ont fait le dos rond, respecté les règles nationales, stoppé leurs évaluations à partir du 16 mars. Bref, ils ont résisté et nous dévoilent le nombre de leurs admis.

Palmares-2020-MMCM

L’équipe pédagogique est restée libre, comme l’a recommandé Jean-Michel Blanquer, ministre de l’Éducation nationale, d’ajuster les notations, en fonction du bulletin scolaire. David Laposse parle de : « bienveillance [quitte à ce que] les entreprises employant ces jeunes diplômés intensifient leur encadrement par rapport aux années passées ».

D’autres ensembles scolaires, tel Isaac-de-l’Étoile à Poitiers (Vienne), ont choisi la voie de la « non-complaisance », comme nous l’explique Catherine Joyeux, responsable de formation et directrice-adjointe de l’établissement : « Nous avons cherché à rester le plus juste possible, à évaluer le mérite, au risque d’obtenir un moins bon niveau de réussite. Le BTS MMCM reste un examen difficile. » Le principe d’évaluation selon le contrôle continu eut l’avantage de souligner l’assiduité des jeunes, sans doute davantage que si un examen s’était tenu. Quelles que soient les solutions retenues en cette période exceptionnelle, Catherine Joyeux relève que « même en temps normal, aucune évaluation n’assure une parfaite égalité ».

Au-delà de l’épidémie proprement dite, d’autres directeurs délégués de la formation professionnelle et technique s’inquiètent de la diminution depuis deux ans des effectifs en BTS MMCM. Benoît Carbo, du lycée héraultais Charles-Alliès, confie un effectif en 2020 de 12 élèves, contre 15 en 2019.

Partagez cet article :
20

Les commentaires sont fermés.