Loxam : l’électrique ne sera bientôt plus un choix

Dans un avenir proche, Loxam estime qu’utiliser un matériel électrique ou hybride ne sera plus un choix mais imposé dans le cahier des charges des donneurs d’ordre. Le loueur a augmenté les investissements matériels en sa faveur de 14 % en 2019.

Si les matériels électriques et hybrides sont le plus souvent demandés lorsqu’ils s’insèrent dans des interventions en milieu confiné ou réduit, ils intéressent aussi parce qu’ils ménagent la santé des équipes. Thierry Lahuppe, directeur matériel chez Loxam (photo), constate également que de plus en plus de chantiers en agglomération sont assujettis à des restrictions voire à l’interdiction de l’accès aux matériels diesels ou essence, ainsi qu’à des contraintes urbaines visant à diminuer le bruit. « Bientôt, l’utilisation d’équipements électriques ne sera plus un choix. Il sera obligé par les cahiers des charges », assure-t-il. Des groupes de construction ont déjà fait part de leur objectif de réduire drastiquement leurs émissions de CO2. Vinci envisage - 40 % d’ici 2030. « Le déploiement de l’électrique apparaît, dans ce contexte, inévitable. C’est le sens de l’histoire », conclut Thierry Lahuppe.

Besoin d'exemplarité

Le groupe a augmenté en 2019 sa part de matériels électriques et hybrides de plus de 14 % par rapport à 2018. Celle-ci a alors représenté 25 % de ses investissements. « Les nacelles et plateformes électriques et hybrides pèsent pour 28 % dans notre parc Élévation, et les compresseurs électriques de chantier pour 7 % du parc Énergie. Les petits matériels ainsi que les outillages électriques comptent pour 75 % de ce segment de parc », précise le directeur. Loxam révèle même que des modèles de nacelles, dumpers et minipelles sont en cours de test. Parallèlement, il ouvre à ses techniciens de maintenance la possibilité de se former à l’intérieur de son école de Bagneux (Hauts-de-Seine). L’un de ses modules se concentre sur les nouvelles motorisations. Le personnel apprend notamment à maîtriser les prescriptions de sécurité liées à ses interventions de maintenance et approfondit ses connaissances de l'architecture de ces machines.

Le recours à cette énergie alternative entrera d’autant plus vite dans les habitudes si les pouvoirs publics montrent l’exemple. Suivant la trajectoire de l’automobile, la mutation du thermique vers l'électrique reste cependant freinée par la relative autonomie des batteries, la dépendance envers les producteurs de cellules lithium-ion et le maillage du réseau électrique nécessaire pour les recharges. « C’est surtout la baisse du coût des batteries et la hausse de leur densité énergétique qui joueront en faveur de la diminution du coût de fabrication et donc de l'achat. À ce stade-là seulement, pourrons-nous espérer que le prix des matériels électriques s’aligne sur celui de leurs équivalents thermiques », analyse Thierry Lahuppe.

Cet article est à retrouver, intégré dans notre dossier consacré aux machines électriques, dans notre n°139. 

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