L’activité ne soutiendra pas les marges du bâtiment

Le climat social tempétueux n’aura pas empêché la traditionnelle conférence de presse de la Fédération Française du Bâtiment de fin d’année. Jacques Chanut, son président, a annoncé  des nouvelles plutôt bonnes. L’activité va s’inscrire dans une  hausse de 1,2 % pour l’année 2019. Elle garde la même dynamique de progression qu’en 2018 et pourrait encore gagner 0,8 % en 2020. La croissance pourrait donc légèrement se tasser. Mais Jacques Chanut veut rassurer : « Il s’agira bien d’un tassement et non d’une inflexion à la baisse, d’autant que les difficultés de recrutement resteront fortes et que le marché du crédit s’avérera toujours attractif avec des taux qui remonteraient peu ». Malgré des carnets de commandes historiquement hauts (6,5 mois est la moyenne pour les entreprises de plus de 10 salariés dans le bâtiment et le gros œuvre ainsi que pour les artisans), les mises en chantier de logements neufs vont évoluer de façon opposée. dans l’individuel et le collectif. Les premières portées par la répercussion de l’augmentation de 5 % des ventes enregistrées en 2019 devraient gagner 0,3 % en 2019 et 2,8 % en 2020. Les secondes, martyrisées par la chute de près de 20 % des mises en ventes de cette année les voient se replier de 4,1 % cette année et, vraisemblablement de 5,7 % en 2020. Le volume de production du non résidentiel, pour sa part, devrait progresser de 5,1 % en 2019 et de 2,8 % en 2020.

Malgré ce volume d’activités plutôt soutenu, la FFB s’inquiète des risques de détérioration des marges. Plusieurs des charges des entreprises s’annoncent en effet en augmentation. La plupart de celles-ci ont en effet reçu de leurs fournisseurs de matériaux des courriers de révision de prix annonçant des hausses parfois lourdes. En parallèle, elles devraient endurer les effets de la suppression de l’accès au gazole non routier, elles pourraient supporter la réduction de l’avantage Fillon sur la réduction forfaitaire spécifique, mais aussi être confrontées à une augmentation des coûts salariaux.  La filière qui estime avoir créé près de 35 000 postes en 2019, dont 30 000 salariés, pense pouvoir en générer 10 000 supplémentaires en 2020. La tension sur le marché du travail pourrait peser sur les salaires.

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