La toiture d’un collège rochelais détient un record du monde… éclairant

À la veille de son inauguration, la toiture particulière du collège Pierre Mendès-France de La Rochelle dévoile la prouesse de son installation énergétique. 530 m² de son toit est tapissé d'un film photovoltaïque dit organique (OPV), nommé "Heliafilm". C'est tout simplement, pour l'heure, la plus grande surface au monde dotée d’un tel concept. La lumière captée devrait produire à terme  quelque 30 MW d’électricité par an.

La Charente-Maritime figure en tête de proue parmi les départements engagés dans l’utilisation d’énergie renouvelable. Encouragée par un plan visant à équiper tous les bâtiments publics départements de photovoltaïque, l’école Pierre Mendès-France franchit le pas. Ses maîtres d’œuvre viennent d’achever la mise en place de 530 m² de film Heliafilm, caractérisé par sa légèreté et sa souplesse. « Nous avons opté, entre autres, pour cette solution dans la mesure où le solaire classique aurait nécessité un renforcement de structure et un percement de toiture », explique le proviseur du collège Jean-Pierre Ruiz au travers d’un communiqué.

Fin et flexible

Fabriqué par une filiale d’Engie en Allemagne, Heliatek, ce film organique n’est pas plus épais qu’une feuille de papier à dessin. Un mètre carré ne pèse pas plus de 20 kg. Flexible, il se déroule comme un tapis, plus rapidement que si les entrepreneurs avaient eu affaire à un système solaire.  En l’occurrence, il leur a fallu deux semaines de mise en place sur les toits, là où un mois de travail aurait été requis selon eux, pour une solution solaire. Et encore, Heliafilm peut aussi épouser des surfaces arrondies voire des façades.

Certes, il sera quatre fois moins productif qu’une alternative solaire, mais ce revêtement a également séduit les ordonnateurs dans la mesure où ses ingrédients principaux sont le carbone et le polymère — et non le silicium cristlallin — moins gourmands en traitements chimiques. « D’autant qu’il ne faut qu’un gramme de carbone pour réaliser un film d’une surface d’un mètre carré », détaille l’entreprise conceptrice. Aux avantages de souplesse, rapidité de mise en place et de composition s’ajoute celui de la primeur.

Vigie française de cette technologie

Le collège est fier d’être l’un des rares (encore) à miser sur ce type d’énergie. S’il est le 4e bâtiment public à se doter de photovoltaïque en Charente-Maritime, il est le premier avec cette technologie « organique » qui devrait lui procurer quelque 30 MWh par an et permettre une autoconsommation en électricité de l'ordre de 15 à 20%. Du point de vue d’Engie, le collège va devenir un laboratoire de recherche voire une vitrine pour l’ensemble du département. Car l’idée, in fine, est bien de transmettre l’intérêt auprès d’autres ordonnateurs. « Si le concept passe en phase d’industrialisation (comme il l’est prévu en 2019), son prix ne pourra que baisser. Aujourd'hui, nous envisageons d’en installer dans le bâtiment d’Engie Fabricom à Anvers (Belgique). Là, nous devrions placer une quarantaine de mètres carrés de ce même film » », raisonne Engie Laborelek. Pour le moment, Heliafilm reste trois fois plus cher qu’un classique dispositif solaire. Considérée comme la première vitrine du concept implanté en France, le collège Mendès-France n'a, quant à lui, rien déboursé : Engie couvre financièrement l'entièreté du projet. C'est dire si l'enjeu est important...

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