La JCB 3CII revient de loin

Près de 40 ans après sa vente, les Ateliers Caugant retrouvent une 3CII défraîchie sur la pointe bretonne. Se remémorant toute l'importance de la tractopelle JCB dans leur parcours professionnel, ils relèvent le défi de la rénover le plus fidèlement possible. Un an et demi de travail sans lequel elle ne pourrait surprendre, aujourd'hui, dans leur hall d'accueil.

Autour de leur fief brestois, un beau jour de 2006, les Ateliers Caugant s’émeuvent de constater que l’une de leurs tractopelles vendues en 1967 perd son âme dans une casse. Cette 3CII n’est pas sans leur rappeler leurs débuts avec JCB, en 1965. Albert Caugant, aujourd'hui président des Ateliers, raconte : « Au début des années 1960, nous avions remarqué que Devin Le Marchand, entreprise spécialisée dans les canalisations, utilisait une tractopelle JCB 3C pour poser des conduites de gaz dans les rues brestoises. Nous avons réalisé que si nous réparions ce type de matériels, nous pouvions également le vendre ! »

À l’époque, la société familiale réparait tous types d’engins auprès essentiellement des transporteurs. La carrosserie de cette chargeuse-pelleteuse était estampillée d’un certain Manubat, l’importateur. La famille Caugant lui téléphone et c’est ainsi que se noue leur collaboration. Indirectement, le Breton se rapproche du constructeur britannique JCB. Les années 1960 représentent aussi pour la société le début de ses ventes et SAV dans le domaine des TP, car en la fondant, Pierre Caugant s’était plutôt concentré sur les machines agricoles. L’expérience et la rencontre avec les Bamford l'amènent à se diversifier dans la distribution de JCB, à la suite de laquelle il commercialise les tracteurs Deutz en remplacement des Hanomag dont la production cesse.

Les Ateliers Caugant ont donc rénové, durant un an et demi, cette 3CII de 1967. Elle est exposée dans leur hall d'accueil.

Les Ateliers Caugant ont rénové cette 3CII durant un an et demi. Elle est expose dans leur hall d'accueil depuis 2011-12.

-L'équipe a donc tiré cette 3CII des mousses et herbes sauvages. Son moteur fonctionnait, mais fébrilement. Les Ateliers la rachètent et décident de la remettre à neuf pour l’exposer dans leur hall d’accueil. Albert Caugant sait qu'un travail audacieux et discontinu l'attend. Mais les chargeuses-pelleteuses marquent la particularité de sa société. L’objectif est fixé, il suffit de se donner les moyens et le temps de le réaliser...

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Albert Caugant et son équipe ont reproduit la cabine en veillant à la peinture jaune, caractéristique de JCB depuis 1960.

Albert Caugant et son équipe ont reproduit la cabine en veillant à la peinture jaune, caractéristique de JCB depuis 1960.

Revenue boulevard de l’Europe, dans la cité du Ponant, cette 3CII de 82 ch à deux roues motrices s’est laissée sans mal désosser pièce par pièce. « Les éléments du châssis, du chargeur, de la flèche rétro et du godet ont été sablés puis métallisés, détaille Albert Caugant. Nous lui avons renové un ensemble moteur, le pont arrière, la boîte de vitesses. Le système hydraulique a également été entièrement restauré. » La rouille et les jeux grignotaient ce qu’il restait de la carrosserie. La cabine s’étiolait. « Nous avons dû la reconstruire intégralement, reprend-il, car plus une n’existait chez JCB. Nous nous sommes aidés de certaines pièces détachées que nous avions en réserveNous l’avons rénovée pendant un an et demi, de façon intermittente et en évitant au maximum l'utilisation de composants actuels. Le plus dur a été de trouver le temps et la main-d'œuvre. »

Plus de dix ans ont passé et la 3CII continue d’intriguer au beau milieu du hall d’accueil de 850 m². Son coloris jaune et rouge, devenu la signature du constructeur de Rocester en 1960, invite à s’approcher, à réaliser les avancées techniques et technologiques. Les plus avertis y repéreront, à n’en pas douter, les détails de cette aïeule hérités par les CX actuelles.

Delphine Laure

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