La déferlante Kobelco bleu turquoise

Leur originale couleur ne serait pas la seule raison pour laquelle les pelles Kobelco se font de plus en plus visibles sur les chantiers. C’est ce que nous a expliqué l'équipe commerciale rencontrée sur le site de Blanchard TP à Bonsecours (Seine-Maritime).

Du chemin a été parcouru par Kobelco depuis la création de sa filiale européenne, en 2012. À l’époque, l’alliance contractée avec le groupe CNH prévoyant la fabrication de ses pelles à chenilles et leur commercialisation en Europe sous la marque New Holland arrivait à son terme. Le constructeur japonais avait les mains libres pour créer sa propre filiale à Almere (Pays-Bas). En même temps, il construisait une nouvelle usine à Hiroshima pour approvisionner le marché européen.

La progression a été assez spectaculaire. En 2013, Kobelco vendait neuf machines en France. En 2019, elle en a écoulé 900. « Nous sommes numéro trois du marché en plus de 12 t », se félicite Jean-Philippe Delion, son directeur commercial et marketing Europe. La marque a eu la chance de trouver très rapidement des distributeurs – tel Blanchard TP dans l’ouest de la France – connaissant déjà les produits et prêts à lui faire confiance. Très vite, le réseau s’est étoffé. Il compte aujourd’hui 19 concessionnaires et 49 agences couvrant le territoire. L’arrivée récente d’établissements comme Gap Sud Mécanique, ACHD, Serge Monod Équipements ou encore Kobest a placé l’équipe de Kobelco dans la situation paradoxale de ne pas avoir vu son volume de ventes impacté par la crise sanitaire. Le trou d’air du printemps a été compensé par une meilleure couverture territoriale, notamment sur des zones à fort potentiel : l’Île-de-France avec Neomat ou la Côte d’Azur avec Comet Loc.

Pour convaincre les distributeurs de les rejoindre, Jean-Philippe Delion et son collègue Roland Danion, le directeur marketing France, mettent en avant une large offre se déclinant de 900 kg à 85 t. « Nous proposons aux distributeurs une carte additionnelle arrivant en complément d’autres gammes de machines ainsi que la notoriété de la marque », explique le directeur commercial.

L’argument du made in Japan

Kobelco fabrique les machines de plus de 5 t destinées au marché européen à Hiroshima et les plus petites à Ogaki. Elle produit elle-même certains composants-clé tels que les joints tournants ou l’électronique embarquée, et s’approvisionne en acier auprès de sa maison mère. Cette dernière lui livre notamment les HLE (haute limite d’élasticité) apportant légèreté et résistance aux flèches de démolition. Pour le reste, elle fait appel à l’industrie nippone, par exemple Kawasaki, Kayaba, Nachi et Nabtesco en composants hydraulique, Yanmar, Isuzu ou Hino pour les moteurs.

« La relation étroite entretenue avec les fournisseurs apporte une grande autonomie à nos concessionnaires. Leurs mécaniciens sont libres d’intervenir sur les moteurs. Ils n’ont même pas besoin de valise diagnostic pour les ausculter. Tout est accessible depuis l’afficheur en cabine », précise Jean-Philippe Delion. Les machines destinées au marché européen sont mises en dépôt à Almere, aux Pays-Bas. « Nous ne demandons pas à nos concessionnaires de charger leurs stocks. Nous préférons qu’ils valorisent leurs liquidités pour développer leurs affaires », ajoute-t-il.

Des machines originales
Jean-Philippe Delion, directeur commercial et marketing Europe de Kobelco (à gauche) et son collègue Roland Danion, directeur marketing France, se félicitent de disposer d’un réseau couvrant toute la France.

Jean-Philippe Delion, directeur commercial et marketing Europe de Kobelco (à gauche) et son collègue Roland Danion, directeur marketing France, se félicitent de disposer d’un réseau couvrant toute la France.

La marque affirme un positionnement haut de gamme. Selon Jean Philippe Delion, ses machines s’adressent à une clientèle recherchant le retour d’investissement dans leur fiabilité ou leur sobriété. « Le secret de notre succès est d’avoir investi dans la R&D pour apporter de la valeur ajoutée à nos produits. Ainsi, nous revendiquons par notre slogan "We save You fuel" la consommation la plus faible du marché », détaille-t-il. Certains modèles spécialisés tels que la Blade Runner, la pelle bulldozer à lame six voies, ou l’hybride SK210H de 23 t sont uniques sur le marché. « En utilisant des batteries Li-ion au lieu de condensateurs pour récupérer l’énergie de rotation de la tourelle, cette dernière machine présente davantage de fiabilité que d’autres modèles. Elle économise jusqu’à 20 % de fioul. Pour des pelles plus lourdes, nous proposons l’autre solution d’hybridation Eco’Nergy développée par notre concessionnaire Manu Lorraine. Le système récupère l’énergie de descente de la flèche dans des accumulateurs hydrauliques puis la restitue à la levée », complète le directeur commercial.

Le site de Bonsecours, en Seine-Maritime, fait partie des six implantations dédiées par le groupe Blanchard à la distribution de matériels de travaux publics.

Le site de Bonsecours, en Seine-Maritime, fait partie des six implantations dédiées par le groupe Blanchard à la distribution de matériels de travaux publics.

Le constructeur japonais est également le seul à avoir inscrit des pelles de démolition fabriquées par ses propres moyens à son catalogue. Il applique ainsi sa garantie sur l’ensemble de la machine. Il détient en outre de nombreux brevets couvrant des spécificités facilitant l’accrochage et le décrochage des flèches ou encore en limitant la hauteur d’encombrement au transport à 2 m.

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