La croissance du bâtiment fléchit tout en nuances

Malgré un décrochage dans le logement neuf, premier secteur à s'être relevé de la crise en 2015, la FFB confirme sa prévision de hausse pour l’année 2018. L’activité devrait se graduer autour de +2,5 %. Mais le franc glissement de ce secteur symbolique durcit les inquiétudes concernant le devenir de la construction à plus long terme.  

Contradictions. Si l’on devait tirer en fil rouge, un terme résumant les chiffres semestriels du bâtiment présentés ce matin par la Fédération Française du Bâtiment, ce serait celui-ci.

1er paradoxe : la baisse n'entame pas l'optimisme des entrepreneurs

Les évolutions entre les différents segments de métiers du bâtiment. Le logement neuf décroche nettement. En glissement annuel entre janvier et juillet 2018, les permis et mises en chantier ont reculé respectivement de 7,5 % et de 3,4 %, sachant que la baisse s’est d’autant plus avérée les 3 derniers mois (- 5,1 %). Le logement neuf avait connu en 2017 l’embellie la plus franche, il est aujourd’hui le premier à fléchir de la sorte. Le président de la FFB, Jacques Chanut, le soulignait déjà l’année dernière : « On est dans une période délicate de rémission. Il va falloir un peu de temps avant que la filière se persuade qu’elle est complètement guérie. Huit ans de marasme, ça force la prudence ». Sept mois plus tard, sa réserve est toujours aussi palpable. La météo, la fragilité de la croissance, la crainte du chômage, la hausse des prix des logement poussent à la défiance. Mais les déclarations du nouveau ministre de la Transition écologique, François de Rugy au sujet du maintien d’un CITE sous une forme « dégradé » n’est pas pour rassurer la FFB qui jugerait cette décision « inacceptable ».

Ce ralentissement des intentions des ménages, ne semble pas gréver l’optimisme des chefs d’entreprises du secteur. Le bâtiment devrait voir sa production augmenter d’environ 2,5 % en volume sur l’ensemble de l’année 2018. Les dirigeants de plus de 10 salariés dans le bâtiment et le gros œuvre évaluent entre 7 à 8, le nombre de mois durant lesquels les carnets de commandes sont remplis. Ces perspectives ne gomment pas le risque que les entreprises soient confrontées à un manque de rentabilité cette année.

2e paradoxe : le non résidentiel neuf grimpe

A contrario du logement neuf, les surfaces commencées de bâtiments, commerces et bureaux progressent de 13,8 % entre janvier et juillet 2018. Seuls les commerces voient leurs surfaces autorisées s’effondrer de 21,8 %. Pour autant, les annulations de ventes collectives estimées au cours des 6 premiers mois à 24 % (par rapport au nombre de transactions actées) sont de mauvais augure pour les mises en chantier. Les démarrages de construction de bâtiments administratifs percent à 25,2 %, certainement expliqués par l’approche des élections municipales de 2020 et par le retard des investissements accumulés depuis 2013.

3e paradoxe : faible progression de l’amélioration-entretien malgré le flou des aides

Le secteur de l'amélioration-entretien traduit, quant à lui, une timide hausse de 1 %, au cours des deux premiers trimestres de l’année. Une progression décevant la FFB, explique cette faible progression par une série d’inconnus dont le devenir de la TVA à 5,5 %, éligible pour tous travaux d'amélioration, de transformation, d'aménagement et d'entretien sur les logements d'habitation datant depuis plus de 2 ans. La FFB se montre également méfiante à l’égard de la transformation du crédit d’impôt pour la transition énergétique (CITE) en « prime » dont elle ne sait rien de la forme. « Au-delà du contexte économique global, le rabotage des aides est toujours particulièrement préjudiciable dans le secteur de la rénovation énergétique. Les répercutions probables du prélèvement à la source sont un risque supplémentaire », regrette la FFB. En tous les cas, le dispositif PTZ est reconduit jusqu’à fin 2019, en zone B2 et C jusqu’en 2019, avec une quotité réduite à 20% (contre 40 %). Les zones dites « tendues » resteront subventionnées à 40 %.

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