Exo Push : le premier “cobot nomade” électrique des TP

« La cobotique » ? Après la domotique, la robotique, voici venue l’ère du "cobot"… Vous avez bien lu, ce n'est pas une faute de frappe... le cobot, le robot collaboratif ! Car dans l’univers des applications BTP, la structure supportant les efforts, encaissant les contraintes, les vibrations, les ondes, ce que l’on nomme "cobot" ne peut se contenter d’être dirigé par l’opérateur, il doit être mobile, épouser ses mouvements. Pour cela, RB3D* qualifie son innovation « Exo Push » de « wearbot », littéralement un « vêtement robotisé » tout électrique. C’est la première fois qu’un tel concept perce l’univers des travaux publics.

Issu des travaux sur les exosquelettes militaires menés avec la Direction générale de l’armement (DGA) afin d’assister le fantassin dans le port de charges, l’Exo-Push a été développé à la suite d’une demande émise par Colas, spécialiste de la construction et de l’entretien des routes.

Dans le but de réduire la pénibilité des opérations manuelles, Exo Push ambitionne de rétablir petit à petit la posture, de faciliter la tâche de l’opérateur lors du nivelage manuel de l’enrobé (asphalte, bitume), et de maintenir sa fréquence cardiaque tout au long de son travail.

Exo-Push : une potion magique des temps modernes

Conçu dans l’idée d’une seule et même machine, l’Exo Push s’article toutefois en trois parties « un manche gouverne qui détecte l’intention de l’utilisateur, un actionneur linéaire électrique qui amplifie la force détectée et la multiplie par cinq. Par exemple, explique Serge Grygorowicz, fondateur et PDG de RB3D, si l’opérateur pousse un objet de 10 kg, son outil relié à l'Exo-Push amplifiera seul cette poussée à 50 kg (le maximum de sa capacité) ». Troisième élément : une jambe de force capable de se rigidifier afin d’éviter des contre efforts sur le corps de l’utilisateur.

Autrement dit, ce « cobot nomade » assume les efforts, éventuellement encaisse les vibrations et les contraintes, tout en laissant l’homme diriger les mouvements. Exo Push fournit la rigidité, la force, et l’homme, l’intelligence. Et ce, alimenté de façon entièrement électrique. « L’Exo Push peut diminuer les sollicitations articulaires par cinq », assure Serge Gorogowicz.

Cet objectif de prévenir les troubles musculosquelettiques a interpellé le groupe Colas le pressentant utile dans ses missions de nivelage manuel de l’enrobé — pour le moment, les seules tâches sur lesquelles le concepteur communique. Mais pourquoi pas le voir, à plus long terme, œuvrer dans d’autres domaines de construction : pose de matériau, dans des zones difficiles d’accès.

Premières commandes pour Colas et Eurovia

« À ce jour, nous avons produit seize machines dans le cadre de la présérie de mise sur le marché, indique Serge Grygorowicz. De cette présérie, nous avons tiré la version définitive qui sera lancée lors d’Intermat, cette fois, pour une production à plus grande échelle », confiait-il il y a quelques jours. Dix pour Colas, mais RB3D a également reçu d’autres commandes d’Exo-Push émanant du groupe Eurovia.

Exposant pour la première fois à Intermat, RB3D proposera en test la version 2018 de l'Exo Push.

* RB3D a remporté le prix "Composants et Accessoires", dans la catégorie "Routes, industrie des matériaux et fondations", lors des Innovation Awards du Pré-Intermat.  Exposition  du 23 au 28 avril à Paris Nord Villepinte. Village Start-up, Hall 6 B 020.

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