Des lycéens franciliens métamorphosent une mini-pelle en cygne noir !

Pour éveiller l’intérêt d’une main d’œuvre future — et souhaitable ! — dans le domaine de la maintenance des matériels de construction et de manutention, trois organismes Cisma, DLR et Seimat donnent carte blanche à six lycéens de l’établissement Charles Petiet (Villeneuve-la-Garenne, Hauts-de-Seine) pour métamorphoser une mini-pelle en cygne noir. La mini-pelle Hitachi Zaxis de Série 5 grimée, sera exposée demain lors du salon ArtExpro (Saint-Denis, en Seine-Saint-Denis) puis termina sa tournée à Intermat, sur le stand du Cisma.

Les chantiers de construction se multiplient comme des petits pains, mais le manque de techniciens en maintenance des matériels assombrit le côté doré : en 2018, pas moins de 1 500 postes de spécialistes devront être pourvus en France pour suivre le rythme… Et toujours aussi peu de jeunes se forment : moins de 1 000 diplômés (du CAP à la licence professionnelle) sortent chaque année des lycées professionnels qui forment à la conduite de tractopelles, nacelles, chariots élévateurs…

Première initiative à Charles Petiet

En ces circonstances, autant sensibiliser dès le premier maillon de la chaîne : au lycéen. L’expérience n’est, certes, pas nouvelle mais pour l’établissement Charles Petiet, dont la formation orientait jusqu’ici avant tout dans l’automobile, c’est une première ! La filière « Maintenance des matériels de construction et de manutention » y a ouvert en 2015. Pour la première fois, l’établissement y mobilise six lycéens de seconde et première. Leur mission ? Grimer, à l’aide de feutres à peinture et aérosols, une mini-pelle canopy Hitachi Zaxis Série 5, en cygne noir ! Peut-être une métaphore pour y suggérer l'envol et la liberté d'un métier de conducteur d'engin TP...

Des "demi-Dieux de la réparation d’engins TP"
Black Swan 2-redim

Michaël Beerens, artiste peintre (gauche) et Alexandru Hora (17 ans) sont en pleine finition artistique, ce matin. Ils peignent des pattes à leur cygne noir !

Alexandru, 17 ans, a répondu « présent » dès lors qu’il a entendu le mot « projet ». Ce seul terme l’a grisé. Pas besoin d’aller loin pour ce lycéen à l’âme aventurière. Pour Ilias, 16 ans, même nature de motivation : le caractère artistique et original de l’idée l’a convaincu. Ces six jeunes, formés à devenir « des demi-Dieux de la réparation d’engins TP » — c’est ainsi que sont affectueusement surnommés ces professionnels de la maintenance sur pneumatique, hydraulique et électronique, bien souvent attendus comme le Messie pour sortir les opérateurs TP de fâcheuses immobilisations d’engins — ont passé deux jours, chaperonné par l’artiste-peintre fabuliste Michaël Beerens. Ils ont patiemment grimé une mini-pelle Hitachi selon un patron prédéfini : celui d’un cygne noir… La silhouette du bras et de la flèche de l’engin, articulée par les vérins peut s’apparenter à un long cou !

Entraînés par leur professeur de maintenance des matériels de construction et de manutention Willy Arnaud et encadrés par l’association éducative Ariana, ils ont mis du cœur à l’ouvrage, motivés par un esprit pragmatique et ludique. « Le fait que je dispense parallèlement des cours en maintenance des véhicules automobiles leur ouvre des passerelles d’études dans les deux univers », confie-t-il. Une corde s’ajoute donc au carquois de ces jeunes, insérés dans une formation en maintenance des matériels de construction et de manutention. Non seulement ils arriveront dans un moment de la vie active où les offres d’emploi dépasseront la demande, ils auront toutes les chances de décrocher un contrat à durée indéterminée, et pourront envisager d’évoluer tant en interne (service pièces de rechange, SAV, chef d’atelier, formateur…) que dans des branches cousines comme l’automobile.

Malgré ces perspectives, les élèves-artistes des Hauts-de-Seine le remarquaient ce matin : "il est plus facile de se passionner pour des quatre-roues que nous voyons au quotidien sur nos routes plutôt que pour celles, œuvrant en coulisse pour ériger des bâtiments". La coulisse, eux, les ravit. Travailler en retrait pour permettre l’avancement des machines et le cours des chantiers. Voici leur moteur, tout simplement.

Cet après-midi, la minipelle n'avait de mini-pelle plus que le nom. Devenue « black swan » pour quelques semaines, elle attend sa plongée dans le grand bain public : lors d'Art Expro à Saint-Denis, jeudi 12 avril. Puis, Intermat, entre le 23 et le 28 avril, au parc des expositions de Paris-Nord Villepinte. Le cygne noir et blanc s'exposera sur le stand du Cisma : 6 B 013. À la suite de cette tournée, elle rejoindra les engins dédiés à la formation du lycée Charles Petiet.

Étendre les ouvertures de branches en province

Au-delà de cette initiative ludique et pédagogique destinée à souligner le potentiel professionnel d’une voie d’apprentissage, Renaud Buronfosse, délégué général du Cisma, le reconnaît : « Nous travaillons avec Pascale Costa, inspectrice générale de l'éducation nationale, pour ouvrir d’autres formations initiales en “maintenance des matériels de construction et de manutention” dans des lycées professionnels en province : Toulouse, Marseille, Nice sont des villes à l’étude ».  

 

 

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