Chapelle Royale : la dépose des premiers ornements va commencer

Nous vous évoquions l’imminence du début de la dépose des éléments sculptés de la prestigieuse Chapelle royale du château de Versailles en vue de leur rénovation, il y a quelques semaines... Pour que cette opération ait lieu le 19 mars, un échafaudage hors-du-commun a été installé au préalable durant 6 mois. Nous vous en racontons les détails.

C’est la restauration de tous les superlatifs. D’abord par sa nature : elle concerne la chapelle royale, dernier édifice érigé sous le règne de Louis XIV, entre 1687 et 1710, au château de Versailles. Ensuite, par sa symbolique. La considérant comme une signature spirituelle émanant du roi Soleil, l’architecte en chef des monuments historiques, Frédéric Didier, maître d’œuvre du projet qualifie l’ouvrage de « grand reliquaire en avance sur son temps. Bâti selon un style gothique, il est à la fois intégré dans le palais et autonome. Sa hauteur est la seule à outrepasser celle du château lui-même ».

angelot-depose2

Cet angelot de 1,3 t, avec son ensemble, sera le premier ornement en plomb à être extrait du comble, le 19 mars. Destination l'atelier pour y être réparés, traités puis redorés.

Aussi majestueux et autonome soit-il, le bâti a été abîmé par la course du temps. Des désordres structurels graves y ont été repérés. « De l’instabilité a généré des poussées et des fissures sur les maçonneries d’appui tandis que des fuites se sont révélées dans les parties supérieures, entraînant le pourrissement des bois et menaçant les peintures », raconte-t-il. Sur la toiture, les ardoises d’Angers ont perdu leur éclat et leurs qualités techniques. Les ornements de plomb sculptés présentent des affaissements voire des déchirures.

Bref, le diagnostic est sans appel : les 125 m² du toit en ardoise doivent être renouvelés, trente sculptures, déposées. En somme, 3 000 m² de façades devront être traitées d’ici à 2020 — et nous n’évoquons que les pièces majeures, car l’opération concerne aussi le traitement de vitraux, de torchères et de pièces de bois !

60 tonnes d'échafaudage en suspension

Afin de redessiner le caractère hors-normes de cet ouvrage classé, un échafaudage, tout aussi singulier, vient de terminer son montage. « Outre son envergure (400 tonnes), cet échafaudage tient son caractère inédit du fait que certains de ses planchers, au droit des rampants de couverture, sont suspendus à une poutre reconstituée de type Universel Lightweight », explique François Leterme, responsable d’agence Île-de-France. La toiture composée d’ardoises d’Angers, n’aurait supporté les appuis, il fallait imaginer une alternative pour que les charpentiers et les maîtres couvreurs évoluent sur le faîte (50 mètres) sans s’appuyer sur les rampants de toiture. « Ainsi, le report des appuis des échafaudages verticaux sur la charpente métallique, ont été installés au droit des bas-côtés ». Cette configuration en échafaudage suspendu représente environ 60 tonnes, évalue le responsable d’agence Île-de-France.

Deuxième originalité de ce montage : la pose d’une structure parapluie Couvralu de 1 500 m² d’une portée de 25 mètres. Celle-ci protégera, comme son nom l’indique, les artisans des intempéries lorsque la toiture sera déposée. « Quatorze fermes en aluminium ont été préparées sur place au sol, puis hissées trois par trois à l’aide d’une grue à tour mobile enclavée sur toute sa longueur entre deux bâtiments » (voir article ici)

Un palan roulant pour acheminer les anges
Layher-chapelle3

Une structure parapluie de 1 500 m², de 25 m de portée, composée de 14 fermes en aluminium, va abriter charpentiers et couvreurs, lors de la rénovation des éléments en place. Les travaux dureront 36 mois.

Enfin, troisième trait de caractère : un pont roulant d’une capacité de levage de 500 kg a été mis en place, avec un palan électrique. « Cette opération, la première du genre pour Layher, permettra la manutention des ornements de plomb. Le treuil sera amené à se déplacer sur toute la longueur du faîtage », ajoute François Leterme.

Aujourd’hui, un premier groupe sculpté d’anges en plomb s’apprête à être transportés, un à un, en atelier in situ pour y être restaurés, remis en dorure puis reposés. Cette première opération de treuillage aura lieu le 19 mars et sera suivie d’une vingtaine d’autres. Les pièces les moins affectées seront soignées en place.

Pas de commentaire.

Ajouter un commentaire

Vous devez être Connecté pour poster un commentaire.