2 500 apprentis à recruter par an d’ici 2025

La Fédération nationale des Travaux publics a publié les résultats de la première édition d’une vaste étude baptisée « contrat d’études prospectives », mise en place en partenariat, notamment, avec le ministère du Travail. Le secteur va devoir recruter 18 100 professionnels du BTP d'ici à 2025.

Dans un objectif de projeter les besoins en main d’œuvre dans le BTP sur sept ans, entre 2018 et 2015, la FNTP a mené 120 entretiens auprès de professionnels, employeurs comme employés. Le constat est sans appel : les besoins en main d’œuvre sont en train de s’amplifier. 2 500 apprentis, en formation initiale ou continue, devront être embauchés par an, en particulier dans les métiers d’ouvriers voiries-réseaux-divers et de techniciens.

Les effectifs à 2025 ont été calculés à partir des projections de CA, d'un scénario sur la productivité par tête, les flux d'entrants et de sortants.

Les effectifs à 2025 ont été calculés à partir des projections de CA, d'un scénario sur la productivité par tête, les flux d'entrants et de sortants.

Polyvalence des tâches

Cette étude inédite met d’autre part en lumière le risque d’un renversement de la pyramide des âges, à court terme. Selon ces pronostics, la part des plus de 55 ans dépassera celle des moins de 30 ans d’ici 2025. « Seule l’embauche de 14 000 jeunes par an pourra enrayer ce phénomène », analyse-t-elle. Sachant que les métiers évoluent… Les métiers de l’encadrement de chantier se feront de plus en plus sentir et enduiront des compétences transversales, quitte à se détacher de la construction pure. Les conducteurs de travaux, les chefs de chantiers et chefs d'équipe, par exemple, seront de plus en plus demandés pour également réaliser des fonctions commerciales, de ressources humaines et de supervision d’outils numériques (modélisation des données du bâtiment).

Les métiers traditionnels se moderniseront

Les métiers dits « traditionnels », ne disparaîtront pour autant ! Cette étude montre que, les compagnons et les opérateurs spécifiques (spécialisés dans les travaux sans tranchée, les canalisateurs, les installateurs d’équipements énergétiques…) resteront prisés. Les conducteurs d'engins, eux, devront appréhender des machines plus sophistiquées, dotées de technologies embarquées dont il faudra apprendre à interpréter et à transmettre les informations.

Trois axes d'actions

Face à ces constatations, la FNTP entend donner, premièrement, la priorité à l’apprentissage en préconisant une véritable politique de branche.  « La réforme de la formation professionnelle va bouleverser l’appareil de formation au sein des Travaux Publics avec la mise en place du coût contrat.  Nous pourrions proposer un système national de pilotage de la politique de formation », précise Bruno Cavagné, président de l’organisation.  Elle fonde un deuxième axe autour des partenariats notamment avec l’Éducation Nationale et l’AFPA. Des projets de mutualisation et de partenariat avec les offreurs de formation existants devraient se multiplier dans les mois à venir. Troisième levier : renforcer les actions régionales en matière d’identification et de sélection des publics susceptibles d’aller vers les métiers de travaux publics.

Quoiqu’il en soit, 18 100 personnes devront être habilitées à exercer sur le terrain de la construction d’ici 2025.

 

Partagez cet article :
20

Les commentaires sont fermés.