Unité de production de Port Victor: la force de la Seine

Depuis trente mois se restructurait discrètement l’unité de production de béton prêt à l’emploi Cemex la plus grande de France. Lancé aujourd’hui en vitesse de croisière à Port Victor (XVe arr.), l’industriel veut marquer sa différence sur la voie du fleuve et du train.  

Qui aurait cru qu’en contre-bas des sièges  de grand médias bordant la Seine sur sa rive gauche, à hauteur de Port Victor (XVe arrondissement), quatre grands noms de l’industrie des matériaux alimentaient dix-huit heures par jour les besoins en ciment, béton et granulats de la capitale et sa région ?

Parmi eux, Cemex Bétons est l’un des plus prolifiques. Le groupe qui, traditionnellement communiquait sur sa capacité de produire quelque 1 500 m³ de bétons prêts à l’emploi par jour, ne peut que confirmer sa position dominante en termes de volumes, depuis la mis en service de son unité réaménagée en juin dernier. Trente mois de travaux ont été nécessaires pour venir à bout de cette restructuration de 300 000 m2 dont 90 % des éléments ont été renouvelés sans que l’activité ne cesse… Il y a six mois ouvrait l’ensemble des modules reconçus, c’est à peine si les clients de Cemex ont perçu un changement de rythme dans leurs livraisons. Un signe de travaux rondement menés car pour les entreprises exécutrices des travaux, l’enjeu était bien là : perturber le moins possible le cours des activités.

90 % de restructuration en pleine production

Démontage des anciens équipements, acheminement par barges en vue de leur recyclage, déchargement, montage et assemblage de la nouvelle installation, un véritable jeu de Lego d’autant plus ardu que 90 % du chantier a été réalisé en pleine production. Hormis les quatre dessertes du module de malaxage conservées en duo et le nombre de silos, le reste a été remodelé. « Nous avons réadapté la zone de déstockage de granulats, automatisé le poste de commandements et bâti une estacade de 15 m de large sur 80 m de long », cite en exemple Mathieu Naury, responsable de production chez Cemex. Le donneur d’ordres, Ports de Paris Seine-Normandie, a effectivement édicté un cahier des charges compliqué dans l’objectif, surtout, de rendre possible la circulation des berges aux piétons durant les plages de fermeture du site.  

L'unique malaxeur (de 3 m³) de l'unité de Port Victor a été remplacé par deux postes de deux. Chacun peut contenir jusqu'à 2 m³.

L'unique malaxeur (de 3 m³) de l'unité de Port Victor a été remplacé par deux postes de deux. Chacun peut contenir jusqu'à 2 m³.

Ces travaux réglés au cordeau se dénotent d’autant plus que, s’ils n’avaient pas été réalisés, l’unité aurait gardé ses superlatifs : sa surface de 300 000 m³ la qualifie de plus grande unité de production de béton prêt à l’emploi de France — Cemex en compte plus de 240. « D’ordinaire, ce type d’unité travaille avec un malaxeur. Port Victor a remplacé son unique mélangeur de 3 m³ par deux dispositifs en double de 2,25 m³ chacun, soit quatre malaxeurs », explique Jean Bergouignan, directeur général des activité Bétons prêts à l’emploi (BEP) de Cemex France. Ainsi, trois camions-toupies sur quatre peuvent être chargés en simultané voire réserver un chargement de matériau spécial.  « La structure Cemex de Port Victor peut atteindre le triple d’une capacité de production moyenne à Paris. Nous pouvons livrons entre 50 et 100 chantiers par jour », évalue-t-il.

La Seine, un atout blanc et « vert »
CEMEX_PortVictor-2

Du haut de leur "tour de contrôle", ces deux employés pilotent le chargement de béton depuis les silos dans les camions-toupies. Le compartiment de gauche peut alimenter en alternance deux véhicules tandis que celui de droite délivre des matériaux spéciaux.

Outre ces méthodes de travail en deux binômes de chargement, un poste de commandement très robotisé, l’industriel marque également sa différence par sa position en bord de fleuve et dans un maillage urbain serré. « 75 % de nos matériaux entrants et sortants sont acheminés par la Seine, un atout lorsque l’on sait qu’une de nos 180 barges transporte 1 500 tonnes, contre 30 tonnes pour nos camions. 90 % de notre eau est recyclée et réutilisée dans le processus de fabrication. Les éventuels ajouts d’eau claire proviennent de la Seine », souligne Yvon Fourment, directeur de la production et de la maintenance. Ces arguments d’économie en ressources humaines et environnementales justifient pourquoi Cemex privilégie la voie fluviale. D’ailleurs, les barges ne naviguent jamais à vide. Sitôt leur chargement déversé, elles peuvent se remplir de déblai. « Notre but est, avec le temps, d’accentuer encore notre recours à la Seine et aux trains. Les sites parisiens du Point du Jour et de Tolbiac, ceux de Gennevilliers, d’lsles-lès-Villenoy et Saint-Maur s’y prêtent », confie Jean Bergouignan.

Les chantiers du Grand Paris Express galvanisent les projets de tous industriels, au-delà même de la capitale. Cemex entamera l’année prochaine des travaux dans la carrière de Gudmont-Villiers (Haute-Marne) à l’image de ceux réalisés à Port Victor, c’est-à-dire à hauteur de 15 millions d’euros. À ceci près que ses matériaux sont essentiellement acheminés par la voie ferrée, l’autre voie prometteuse, contée par Cemex.

L’unité de production de BEP Cemex la plus performante de France

  • 30 mois de travaux livrés en juin 2017
  • 90 % du site remis à neuf
  • * Stock primaire de granulats : 5 silos de 550 tonnes
  • * Stock secondaire de granulats : 2 silos de 180 tonnes
  • * Ciments : 3 silos de 350 tonnes
  • * Quatre malaxeurs de 2 m³ + zone de déstockage + poste de commandement
  • Capacité de production journalière : 1 500 m³
  • 35 véhicules-toupies pour livraison
  • Montant des travaux : 15 millions d’euros

*élément inchangé

*élément neuf

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