Spie Batignolles se diversifie dans l’aménagement paysager

Dans le cadre d'une stratégie dessinée jusqu'en 2022, Spie Batignolles ambitionne de porter son chiffre d'affaires de 2,1 à 3 milliards d'euros. Actionnant le levier de la croissance externe, il rachète Vallia et fait son entrée dans l'aménagement paysager. 

La parole de Spie Batignolles dans nos journaux se fait rare… Cet automne pourtant, Jean-Charles Robin, le président du groupe France et son équipe ont levé le voile sur leur stratégie à long terme en annonçant l'acquisition de 70 % de Vallia, un groupe œuvrant dans l’aménagement paysager dans le grand ouest et en Île-de-France. « Convaincu que notre progression ne pourrait se faire sans nous agréger des savoir-faire différents des nôtres, Spie Batignolles a décidé de s’ouvrir la voie de l’aménagement des villes et des territoires », explique Jean-Charles Robin. La croissance externe représente donc le premier levier permettant à l’entreprise de passer de 2,1 à 3 Md€ de chiffre d’affaires d’ici 2022. L'arrivée de Vallia et d'autres opérations futures devraient lui apporter quelque 150 M€ de chiffre d'affaires supplémentaires, estime le président, en poste depuis 1995.

Indispensable transversalité des métiers

« Dans la mutation des métiers du bâtiment portée par l’arrivée du numérique et de la robotisation, il nous faut tendre vers plus de transversalité de nos métiers. Nous voulons apprendre ceux de Vallois et Valbois, les deux entités de Vallia ». Dans un premier temps intégré au pôle des Travaux publics de Spie Batignolles, le groupe normand prévoit de s’insérer dans toutes les opérations de son nouvel actionnaire. La barre est haute puisque l’objectif est d'accroître son chiffre d’affaires de 30 M€ à 65 M€, d’ici deux ans. L’entreprise comprend un bureau d’étude, 255 salariés et sept agences.

Patrice Lemens, président du groupe Vallia et Jean-Charles Robin, président de Spie Batignolles partagent de mêmes valeurs entrepreneuriales.

Patrice Lemens, président du groupe Vallia et Jean-Charles Robin, président de Spie Batignolles partagent de mêmes valeurs entrepreneuriales.

Ce rachat raconte aussi l’histoire d’une alchimie entre deux patrons. Jean-Charles Robin voit en Patrice Lemens, président de Vallia, un homme dynamique dont les projets de développement, descendre son activité sur la côte Atlantique, ouvrir une dizaine d'agences notamment, se réservent dorénavant toutes les chances d’aboutir. Restant actionnaire minoritaire durant trois ans, Patrice Lemens voit se dissiper son souci de ne retrouver aucune relève. Du côté de Spie Batignolles, cette palette de compétences nouvelles va lui permettre de proposer à ses clients des solutions intégrées et un suivi de projets qu’il ne pouvait se permettre jusqu’alors faute de ressources en interne.

+ 5 % annuels pour chaque filiale de Spie Batignolles
La palette de compétences propre à Vallia va permettre, espère Spie Batignolles, de proposer davantage de solutions intégrées et de suivi de projets.

La palette de compétences propre à Vallia va permettre, espère Spie Batignolles, de proposer davantage de solutions intégrées et de suivi de projets.

Mais ce premier levier de croissance externe ne suffirait à Spie Batignolles pour augmenter d’un milliard d’euros son chiffre d’affaires d’ici trois ans. L'entreprise lui adosse celui de la croissance organique qui devrait dans ce laps de temps doubler, tant en France qu’à l’étranger. « À l’échelle nationale, nous envisageons que chacune de nos treize entités améliore leurs chiffres d’affaires de 5 % par an. », explique Jean-Charles Robin.  Sur le plan international, l’entreprise, dont 72,25 % des actions sont détenues par ses propres salariés, reconnaît une présence minimale (dix entreprises y sont implantées contre 197 en France). Mais le vent pourrait tourner : l’entreprise dévoile à demi-mots ses perspectives d’acquisitions au Canada, au Maroc, au Sénégal ou encore en Côte d’Ivoire. « Nous travaillons à nouer des partenariats locaux sans lesquels l’implantation ne saurait être efficace », estime le président. Par ailleurs, Spie Batignolles croit en deux autres axes de développement : l’immobilier qui, pour le moment, représente 4 % de son chiffre d’affaires puis l’entretien et maintenance des bâtiments voire des infrastructures ferroviaires, dont les rentabilités s’inscrivent sur un plus long terme que leurs seules fabrications.

 

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