Le retour des niveleuses John Deere

Fort de son expérience de plus de cinquante ans dans la construction de niveleuses, John Deere ne devrait pas manquer d’arguments pour se trouver une place sur le marché français. Selon ses responsables marketing de Wirtgen France qui la propose à présent à la vente, les principaux points forts de ses machines résident dans leur confort et leur souplesse d’utilisation. Effectivement, il suffit de s’installer aux commandes et de démarrer pour comprendre l’effort déployé par le bureau d’études pour en simplifier la conduite. Une fois installé dans la cabine large et isolée par silentblocs, je trouve sur les accoudoirs du siège les deux poignées me permettant d’intégralement contrôler la niveleuse. Pour faciliter la prise en main intuitive, les fonctions sont hiérarchisées par ordre d’importance. La poussée des poignées descend ou lève la lame indépendamment sur les côtés droit et gauche. L’inclinaison de la manette droite dirige la machine. Ainsi, il suffit de bouger modérément les poignets pour assurer l’essentiel de la conduite de l'engin. Ensuite, s’il faut trouver un réglage de lame plus fin ou modifier l’allure, l’un des pouces trouve rapidement la molette et l’interrupteur adéquats.

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Une prise en main rapide

À gauche, deux boutons-poussoirs commandent la montée ou la descente des rapports de transmission, un interrupteur inverse le sens de la marche et une molette ajuste l’angle de la lame sur la couronne. À droite, d’autres molettes règlent l’inclinaison des roues avant ainsi que l’articulation du châssis. Toujours à portée de pouce, je trouve les commandes de déport latéral et d’angle d’entrure de la lame. Les commandes moins importantes sont toutes reléguées sur un panneau placé sur le montant droit – interrupteurs de feux de travail, divers préréglages de la machine ou de la lame... Une possibilité de pente transversale automatisée permet, par exemple, à un chauffeur d’assurer un travail uniforme en réglant sa lame avec un seul levier.

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Quelques passes sur le terrain d’essai aménagé sur le site Wirtgen France de Goussainville me permettent d’apprécier la précision de commande de la lame. Depuis le siège, je n’ai pas besoin d’avancer la tête ou de me redresser pour surveiller son travail. Arrivé au bout de la piste, je reprends en main le petit volant pour repartir en marche arrière. Au-dessus, un écran LCD affiche les paramètres de fonctionnement.

Des commandes précises

Malgré les 10 m de long de l'engin, je suis impressionné par sa maniabilité. En combinant automatiquement l’articulation de 22 ° de son châssis et celle de l’essieu avant, il braque sur un rayon de 7,21 m. Je n’ai pas besoin de descendre les rapports pour inverser le sens de marche et terminer ma manœuvre. Une pression sur l’interrupteur suffit. Je m’aligne sur le terrain, remonte les rapports et abaisse la lame. La commande est précise mais niveler est un métier... J’y vais un peu fort et néglige de coordonner ma droite et ma gauche. L’outil s’enfonce en biais d’une dizaine de centimètres dans le sol. Je vois aux mines réjouies des professionnels du terrassement m’observant que je ne suis pas près de trouver un emploi dans leurs entreprises ! Mais qu’importe si le terrain que je prépare ressemble davantage à une piste de cross qu’à un futur parking, l’engin ne bronche pas. La 622 GP est pourtant la moins puissante des deux niveleuses proposées par John Deere. Alors qu’elle est motorisée par un 6-cylindres de la marque de 6,8 L délivrant 227 ch, la 672 GP reçoit un 9-L de 245 ch. Tous deux sont conformes à la norme d’émission Stage IV.

Compartiment moteur de niveleuse John Deere

Une transmission directe

Avec la boite Powershift, les passages de rapports s’opèrent en souplesse. Mon impression  est très éloignée des souvenirs de coups de boutoirs laissés par d’autres familles d’engins datant d’une vingtaine d’années et équipés de transmissions similaires. Sur la John Deere, la technologie de la boîte permet de se passer de convertisseur de couple et donc de transmettre directement le mouvement. Un automatisme libère la transmission dès qu’un couple trop important est mesuré au niveau des roues afin de protéger la mécanique en cas de blocage et d’éviter de caler. Des automatismes facilitent la conduite. Lorsque la machine est lancée dans des parcours de transfert à vitesse soutenue, entre 10 et 40 km/h, elle offre de changer les rapports 5, 6, 7 et 8.

Scarificateur niveleuse

Retrouvez cet essai dans sa version intégrale dans le numéro de Forum Chantiers à la rentrée.

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