La Chine à la conquête du marché européen

Lors d’Intermat, l’industrie chinoise du matériel de construction n’a pas fait mystère de son grand intérêt pour le marché européen. La CCCME (Chambre de commerce pour l’import-export des machines et produits électroniques) et le CCMA (Association des constructeurs de machines de construction) ont profité de la manifestation pour organiser, avec le soutien financier du ministère du Commerce et de l’Ambassade de Chine à Paris une intense campagne de promotion. Le point d’orgue en était une grande conférence organisée dans les salons de Villepinte rassemblant des représentants des grandes entreprises ainsi que des autorités. Durant les trente dernières années, cette industrie a formidablement profité du développement économique ainsi que de la politique de grands travaux de la Chine.

Des anciennes routes commerciales réactivées

Pour répondre aux immenses besoins en matériels, d’un côté des groupes internationaux tels que Caterpillar, Wirtgen, Fayat, Manitowoc, Komatsu, Liebherr installaient localement des sites de production, de l’autre des constructeurs locaux comme Zoomlion, Sany, LiuGong, XCMG, Sinomach, Shantui, Sunward émergeaient. En 2017, les ventes de machines de construction chinoises ont dépassé les 72 Md€ et leurs exportations ont affiché une croissance de 18,5 % en atteignant 17 Md€. Même si la balance commerciale est déjà largement bénéficiaire et atteint les 13,5 Md€, les industriels et les autorités politiques ont bien l’intention de poursuivre leur offensive commerciale. Cette stratégie s’inscrit dans la politique de développement économique et de coopération internationale connue sous le nom de « Belt and road initiative » ou ceinture économique de la route de la soie.  Après s’être implanté de longue date en Asie, en Afrique ou au Moyen Orient, les industriels s’intéressent à présent à l’Europe et plus précisément à la France. Mais ayant compris la complexité de nos marchés et la nécessité de proposer des produits répondant aux exigences des utilisateurs, ils n’hésitent pas à investir dans le savoir-faire local. C’est ainsi que dans le domaine des matériels pour le béton, Zoomlion achetait en 2008 l’Italien CIFA, Sany mettait la main en 2012 sur Putzmeister ou que, la même année, XCMG (Xuzhou Construction Machinery Group) investissait dans Schwing Stetter et montait un centre de recherche et développement à Düsseldorf. Pendant ce temps, LiuGong, investissait dans l’industrie européenne en achetant les fabrications de bouteurs Dressta en Pologne. Son usine de Stalowa Wola devrait lui permettre d’assembler des pelles et des chargeuses à pneus mais aussi d’installer le stockage de pièces détachées. Pour d’autres, l’heure est à la création des réseaux commerciaux. Sunward, par exemple, a installé en 2015 son siège commercial à Beringen en Belgique. Il aurait déjà écoulé 8 000 pelles sur le vieux continent. Sany pour sa part, a préféré Bedburg en Allemagne. Déjà présent sur notre marché, il avait investi à Intermat sur un grand stand afin d’y présenter ses gammes de pelles. Celui de Shantui n’avait rien à lui envier. Ce constructeur qui y présentait des bouteurs de 10, 13 est 16 tonnes conformes aux normes européennes avec leurs moteurs FPT et Cummins a installé son siège à An Leiden aux Pays-Bas.

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