Eurovia : Power Road ou la “route à énergie positive” se lance

Après la route revêtue de panneaux photovoltaïques transformant l’énergie solaire en électricité, voici venu Eurovia. La branche spécialisée dans les infrastructures de Vinci lance son propre concept "Power Road".
Au-delà de son attrayant qualificatif, la "route à énergie positive" Power Road se veut simple: « Entre 5 et 7 cm sous la “peau” de la route, nos équipes sont amenées à poser des tubes polymères contenant un fluide caloporteur. Leur but: capter l’énergie solaire pour les restituer au moyen d’un échangeur thermique sous forme de chauffage ou de rafraîchissement », explique Ivan Drouadaine, directeur technique et de la recherche d’Eurovia.

En sous-couche de route et stockable

Imprégné par les réflexions et actions menées en faveur de l’environnement, Eurovia apporte, après 4 années d'études, sa solution en sous-couche de la route la différenciant ainsi de sa prédécesseur Wattway (un revêtement de bitume composé de panneaux photovoltaïques et destiné à produire de l’électricité, voir Forum Chantiers n°112, page 6). « L’originalité de cette “brique technologique” n’est pas tant dans sa fonction de capter de l’énergie que dans sa capacité à la stocker », précise-t-il. À la fois capteur d’énergie et émetteur de chaleur, selon les saisons de son utilisation, le Power Road s’avère équipé d’une sonde géothermique verticale permettant de réserver l’énergie emprisonnée dans les tubes polymères et de la diffuser au fil des besoins, même bien plus tard.

Eurovia lance un système de routes capteur d'énergie solaire.

Power Road ambitionne non seulement de contribuer à chauffer les bâtiments publics et privés, mais entend aussi combattre les îlots de chaleur urbains.

Testé à Gilley dans le Doubs et sur l’A10 au niveau du péage de Saint-Arnoult dans les Yvelines depuis 2016 sur des chaussées bitumineuses et souples, Power Road a permis notamment d’analyser son potentiel de captage entre 150 et 250 W/m² pour une radiation solaire oscillant entre 250 et 1 000 W/m². « Ceci équivaudrait à assurer le chauffage et l’eau chaude d’un logement de 70 m² ou le déneigement d’une surface de 2 500 m² pendant un an », image Pierre Anjolras, président d'Eurovia France.

100 % du chauffage pour 1 000 m²

Power Road se destine ainsi à agrémenter les routes innervant les éco-quartiers, les lotissements, les centres commerciaux, les centres-villes et les infrastructures municipales. C’est une solution de captation énergétique puisant dans une ressource inépuisable de plus, de plus, certes « mais celle-ci apporte son système de stockage et sa fabrication est elle-même sobre en énergie, complète Clara Lorinquer, directrice de l'Environnement et de la Qualité d'Eurovia. Nos premières mises en œuvre ont été réalisées avec 20 % d’enrobés recyclés, sachant que Power Road a été conçu pour supporter jusqu'à jusqu’à 50 % avec ce type de matériau ».

Autour de 250 € le mètre carré

Transition amenant le groupe à rappeler sa volonté d’adéquation avec la loi sur la transition énergétique pour la croissance verte. Promulguée en août 2015, elle a fixé à 50 % l’augmentation de la capacité installée des énergies renouvelables d'ici 2023.

Le surcoût de l'investissement englobe l'intégration de l'échangeur thermique sous les premières couches de la route.

Le surcoût de l'investissement s'explique par l'intégration de l'échangeur thermique sous les premières couches de la route, jusqu'à 10 cm.

Si les collectivités et municipalités ne peuvent se montrer qu’intéressées par ce concept promettant un retour sur investissement projeté dans les trente premières années, son installation coûterait selon les premières estimations d’Eurovia 250 €, le mètre carré. « La comparaison avec celle d’une route classique est difficile à établir, mais nous pouvons estimer qu’un mètre carré Power Road coûte deux à trois fois plus qu’une surface classique », émet prudemment Pierre Anjolras tout en nuançant que des retours sur investissement peuvent être quasi immédiatement observés : une moindre utilisation en climatisation, la suppression de certaines machines de déneigement ou de déverglas.     

La phase d’industrialisation s’amorce

D’autres sites, « manèges de fatigue » devraient apporter, sous peu, d’autres données permettant d’affiner les effets de cette route dite « à énergie positive ». Lorsque l’on nous rappelle qu’un million de kilomètres sillonnent nos chaussées françaises, l’amplitude du potentiel est tout de suite plus parlant.

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