Eiffage : les affaires reprennent au deuxième semestre

Pour Eiffage comme pour l’ensemble des entreprises du secteur de la construction la chute d’activité de la mi-mars s’est montrée brutale. Mais si Benoît de Ruffray, son P.d.g., ne peut que regretter la baisse de 18,9 % du chiffre d’affaires du groupe sur le premier semestre, il se montre satisfait de l’effet bénéfique de son exposition internationale. En effet, il a pu observer dans sa branche travaux les impacts de la diversité des politiques sanitaires de chaque pays. Alors qu’en Allemagne, l’activité s’est maintenue à 90 % de son potentiel sur toute la période de confinement, en Espagne elle a résisté dans une première phase puis a fini par refluer. En France et en Belgique où les stratégies de confinement ont été très similaires, l’effondrement a été spectaculaire. Sur la période, le groupe estime que la pandémie a fait perdre à sa branche travaux près de 1,4 Md€ de chiffre d’affaires pour atteindre un total de 5,8 Md€. Mais alors que le montant se contractait de 22,1 % en France (3,8 Md€), il ne perdait que 0,8 % en Espagne, parvenait à gagner 8,9 % en Allemagne et s’affaiblissait de 6,2 % dans le reste du monde. Les autres divisions du groupe affichent des reculs comparables : -27 % pour la construction (1,47 Md€), - 15 % pour les infrastructures (2,55 md€), - 16 % pour énergie-systèmes (1,76 Md€) et - 20 % aux concessions (1,13 Md€). Dans ce contexte, la rentabilité d’Eiffage a forcément souffert. Son résultat net affiche une perte de 8 M€ contre un gain de 260M€ en juin 2019. Après cette période difficile Benoît de Ruffray note de solides motifs d’optimisme. Après le mois de juin, l’ensemble des grands chantiers ont repris. Les gestes barrière, qui dans un premier temps coûtaient une perte de productivité de près d’une heure par jour et par compagnon, commencent à s’intégrer de mieux en mieux dans l’organisation des chantiers. Enfin, avec la signature de quelques beaux contrats tels que la concession de l’A79, l’autoroute allemande A3, la ligne à grande vitesse britannique HS2 ou l’hôpital Paris Saclay, et la poursuite des chantiers du grand Paris, la visibilité est plutôt appréciable. Eiffage annonce un carnet de commandes de 17,1 Md€ en progression de 17,1 %.

Partagez cet article :
20

Les commentaires sont fermés.