“Colas international” dépasse le chiffre de la maison France

Un résultat opérationnel en baisse de 8,12 %, et un résultat dexploitation courant perdant également, entre 2017 et 2018 3 M€, Colas présente, malgré tout, un chiffre daffaires en hausse de 5 %. Dans la profusion des données dévoilées hier, une originalité : la part à linternational dépasse pour la première fois lactivité France.

C’est au nouveau siège francilien de Colas, à la lisière d’Issy-les-Moulineaux (XVe arrondissement de Paris), qu’Hervé Le Bouc, PDG de Colas a dévoilé hier les chiffres 2018 de son groupe.

Les deux indicateurs baissiers du résultat opérationnel —  passant de 357 M€, en 2017, à 328 M€ en 2018 — et du résultat d’exploitation courant — passant de 362 M€ à 359 M€ sur la même période —  pourraient laisser craindre une fragilité. Mais la filiale de Bouygues démontre que son chiffre d’affaires 2018 n’est pas entamé. Elle le déclare à hauteur de 13,2 Md€, soit + 5 % à périmètre et taux de change constants. « Pour la première fois dans lhistoire du groupe, explique-t-elle, les activités à linternational ont pesé 51 % du total (6,73 Md€) et dépasse lactivité en France estimée à 6,46 Md€ ». Toutes spécialités confondues, l’Hexagone enregistre un CA de + 6 %, à périmètre et change constants (PCC).

Le bénéfice net de Colas société-mère s’élève à 386 M€ en 2018, à comparer avec les 163 M€ relevés en 2017.  L’entreprise évoque à plusieurs reprises deux faits marquant son année dernière, à l’échelle mondiale : l’acquisition du canadien Miller McAsphalt, distributeur majeur de bitume dans son pays en février 2018 et celle du Suisse Alpic Engineering Services, dont l’achat consolidé en août 2018, vient renforcer l’activité de Colas Rail, à la peine ces derniers temps.

Colas Rail devrait se rétablir

Hervé Le Bouc est PDG du groupe Colas France depuis 2007.« Effectivement, le chiffre daffaires de la branche Colas Rail a connu une baisse du volume de ses ventes de 9 %  PCC à 911 M€, reconnaît le PDG (ci-contre), conséquence surtout, en France, de trois mois de grève perlée au premier semestre 2018. Nous tablons sur un redressement de courbe cette année grâce à la vigueur des TP (+5 % ou 6% pronostiqués en 2019), aux plans dinvestissement escomptés dans les transports en commun et à la période pré-électorale début 2020 ».

Troisième fait marquant annoncé la semaine dernière par Colas : la cession de sa filiale Smac. Cette décision devrait réduire le CA d’environ 600 M€ sans heurter le résultat opérationnel, assure-t-il.

À l’échelle européenne, le chiffre d’affaires de la division Routes est en franche progression : + 14 % PCC (1,8 Md€). Cette hausse s’explique principalement par l’activité soutenue dans les îles britanniques, Europe continentale et en Belgique.

colas2019

Le chiffre d’affaires sur ce même segment des routes, en France, ressort à + 10 % (4,7 Md€).
Perspectives 2019

Première nouvelle encourageante : les carnets de commandes en France métropolitaine (3,4 Md€) sont en augmentation de 8 %, ceux de l’étranger et outre-mer (5,1 Md€), en hausse de 17 % PCC. Cette orientation conforte ainsi les plans d’investissement et la période pré-électorale estimés par Colas comme futures sources de profit. « Colas Rail devrait retrouver le chemin de la croissance. Nous prévoyons une hausse de 23 % du carnet de commandes en métropole », a estimé Herbé Le Bouc.

Les projets de tramways angevin, stéphanois, cannois, de Saint-Brieuc et de Sophia-Antipolis s’ajoutent au plan de relance autoroutier et au Grand-Paris. Hervé Le Bouc voit également dans le rachat des carrières Granulats Ouest de Lafarge-Holcim, l’été dernier, un signe de bonne santé.

En Amérique du Nord, la situation devrait rester contrastée. Jugé stable en 2018, le CA relatif aux routes (3,3 Md€) s’avère sous de meilleurs augures au Canada (Colas y a doublé son résultat grâce à Miller MacAsphalt) qu’aux États-Unis où des incertitudes demeurent quant au financement pour 2019. Au pays de la Feuille d’Érable, l’activité devrait être variable selon les Provinces : certaines bénéficient de plans d’investissement, d’autres pâtissent de l’évolution des cours du brut.

Sur le Vieux Continent, l’entreprise souligne les bonnes performances des activités en Islande, en Belgique et en Europe Continentale. L’acquisition d’Alpic lui a ouvert les portes des marchés helvète, italien et tchèque.

Une chose est certaine, d’autant plus depuis la cession de Smac, Colas ne se concentrera que sur la route, les matériaux et le ferroviaire. Plus question de se diversifier. Son développement sera davantage numérique.

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