Première maison d’Île-de-France surélevée en béton de chanvre

Méconnu il y a encore peu, le béton de chanvre tisse sa toile parmi les alternatives face au béton traditionnel. Employé pour la première fois pour surélever d'un étage une maison particulière dans le cœur de Boulogne (Hauts-de-Seine), il séduit avant tout pour son application légère et homogène. C'était une première fois également pour les architectes Camille Giuliani et Alice de Lapparent, travaillant pour l'agence éponyme. Elles expliquent : « Nous n'avions pas accès au rez-de-chaussée, ni de maîtrise des fondations du bâtiment (122 m2). La configuration des lieux nous a résolues à ne pas surélever plus de 10 % de la masse de la maison. Il nous fallait donc un matériau à faible densité. Nous nous sommes intéressées au béton de chanvre dans la mesure où 330 kg sont nécessaires pour combler un mètre cube, lorsque il faut 2 200 kg de béton classique pour un mur en meulière ».

Débutés en juin, les travaux viennent d'être livrés. « Le béton de chanvre Tradical s'avère un agrégat végétal issu de chènevotte. Son caractère peu transformé nous a également séduites », soulignent-elles. Trois façades en bois sur quatre ont donc été travaillées avec ce matériau par l'entreprise JR Bat. Outre sa faible densité, le cœur du béton de chanvre est logiquement plus rapide à sécher : 2 centimètres par semaine, sachant qu'un centimètre d'enduit à base de chaux requiert une semaine pour obtenir sa résistance optimale. « Sur cette bâtisse de Boulogne, nous avons projeté à la main, en extérieur, 36 cm de Tradical PF 70 mélangé à du sable en sous-enduit et 36 cm de Tradical PF 80 + sable, en enduit de finition », résume Jean-Marc Feldman, dirigeant de JR Bat .
Dernier atout constaté au fil de l'utilisation de ce béton de chanvre : son isolation thermique. Dans cette maison, la résistance thermique est évaluée à 0,12 <= 0,28 W (m²K), « un ratio lambda particulièrement élevé au regard de la RT 2012 », affirment les architectes. Grisées par cette expérience de construction hors-du-commun, Camille Giulani et Alice de Lapparent confient étudier d'autres projets du même type en région parisienne, en attendant que la pratique se déploie en province. Ces travaux auront été financés à hauteur de 370 000 Euros HT.

 

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