Le pôle logistique bimodal de Calais sur les rails

Un important terminal d’autoroute ferroviaire se construit sur les communes de Calais et de Marck-en-Calaisis. Quelque 1 300 m de voies ferrées conjointes seront opérationnelles au printemps 2021. L’une d’entre elles sera mise en service dès le mois de novembre afin d’acheminer 504 éléments préfabriqués nécessaires au chantier.

Le prestataire de services de transport Cargobeamer commercialise en Europe un système innovant d’autoroute ferroviaire adapté aux semi-remorques non préhensibles. Il a pour cela acheté en 2018 un terrain de la Zac Transmarck-Turquerie à Calais (Pas-de-Calais), un espace de 220 ha dédié aux activités de transport et de logistique sur lequel il veut créer un terminal de 5,7 ha. Ce site a pour vocation de devenir une alternative au transport de fret par la route. Il reliera Calais aux centres logistiques et industriels européens. Afin de mener à bien le projet, Eiffage, le mandataire du chantier, intervient en groupement d’entreprises aux côtés de SATN pour la partie VRD, Franki Fondations (groupe Fayat) pour les fondations et Actemium pour l’électrification du site.

Le premier des 18 modules de transbordement automatisé va être finalisé.

Le premier des 18 modules de transbordement automatisé va être finalisé.

Une plateforme pour transborder

Ce chantier de 32 M€ et d’une durée prévisionnelle de neuf mois a débuté en juillet 2020 par la mise en œuvre des infrastructures de base. « Nous aménageons une plateforme de 550 m de long centrée sur le trafic des poids lourds. Elle abritera, au sud, un parking de 150 places dédié au stockage temporaire de semi-remorques. Elle accueillera également 4 voies ferrées de 300 à 450 m, dont deux assurant le chargement et déchargement des wagons ainsi que différents équipements d’aiguillage. Deux autres voies de manœuvre serviront à la composition des trains », indique Simon Findinier, ingénieur travaux pour le groupe Eiffage. Vient s’ajouter, en parallèle, un projet de bâtiment de 250 m2 dédié à l’exploitation du site. Ses bureaux, salles de commande et de repos devront être opérationnels au printemps.

Le pic d’activités du chantier sera atteint lorsque seront installés les premiers éléments préfabriqués, correspondant aux modules de transbordement automatisés. Ils seront capables de charger un train complet en 20 minutes. Depuis début novembre, une cinquantaine de compagnons sont à l’œuvre.

Des ateliers menés de front

Le chantier, proche de l’autoroute, se déroule sur une zone marécageuse. Deux pelles de terrassement de 30 t ainsi que deux bulls et deux rouleaux ont été employés durant les premières phases de terrassement achevées à la mi-septembre. Après le décapage de 25 000 m3 de terres végétales, une couche de géotextile a été posée afin de séparer les matériaux naturels de l’apport de graves calcaires concassées au 0/150. Elles proviennent de la Carrière de la vallée heureuse, située à Rinxent, à une dizaine de kilomètres.

Les 3 100 inclusions rigides réalisées à la périphérie de la zone de chargement devront supporter le trafic des chariots de manutention.

Les 3 100 inclusions rigides réalisées à la périphérie de la zone de chargement devront supporter le trafic des chariots de manutention.

Les travaux de fondation ont commencé avec l’entreprise Franki Fondations, pour leur part, en août. « Comme cette plateforme est longue, les ateliers peuvent être menés de front », note Simon Findinier.

562 pieux et 3 100 inclusions

Deux foreuses Etenco de 57 t sont à l’œuvre. L’une a d'abord été dédiée à l’atelier pieux couvrant toute la zone de chargement du site, et l’autre à l’atelier inclusion correspondant aux zones périphériques de circulation des reachstackers, les chariots de manutention pour containers. Sur la partie centrale de la plateforme, où se dérouleront les transferts entre la route et les rails, des pieux sont forés à 10 m de profondeur dans un sol sableux. L’objectif est de limiter les tassements et de supporter le radier, les éléments en béton préfabriqué des modules et les voies ferrées.

Le concept de transbordement  automatisé de la plateforme logistique Cargobeamer de Calais permet d’économiser de la surface et du temps.

Le concept de transbordement automatisé de la plateforme logistique Cargobeamer de Calais permet d’économiser de la surface et du temps.

En périphérie, les opérations de manutention plus souples imposeront toutefois de fortes contraintes. Les sols, devant supporter le poids des reachstackers et de leur chargement, sont en train d’être renforcés par des inclusions rigides. Appelées « colonnes d’injection solides », ces fondations flexibles sont forées à 10 m de profondeur. Elles sont insérées par vissage d’une tarière avec du mortier afin de renforcer le sol et de le soulager d’une partie des charges. Le renforcement des couches de sols compressibles supérieures limite les tassements les plus importants et transfère une partie des charges de surface au niveau des assises des inclusions, vers des couches plus résistantes. « Au début du mois d’octobre, 70 % des 562 pieux et 35 % des 3 100 inclusions rigides avaient été forés. La pose des pieux est achevée depuis la mi-octobre et la foreuse sollicitée pour cet atelier est, depuis, employée pour finaliser le forage des inclusions. Cet engin vient ainsi en soutien d’une autre machine qui œuvrait jusqu’à présent seule », précise Simon Findinier. La réalisation des inclusions ont pris le 10 novembre.

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