L’association “Club Seimat” projette de doubler ses moyens

Depuis ce début d’année, la commission formation du Seimat est devenue une association à caractère d’utilité publique, toujours nommée "Club Seimat". Sous son nouveau statut, l’entité espère doubler ses fonds pour intensifier ses actions auprès des jeunes, les encourager à s’intéresser à la branche professionnelle de la maintenance des matériels de travaux publics.

Philippe Girard, président de l’association tout juste reconnue « association loi 1901 d’utilité publique » n’y va pas par quatre chemins : la formation professionnelle initiale diplômant les mainteneurs des matériels TP pâtit d’un défaut de notoriété. Si ce manque de visibilité ne date pas d’hier, le problème se creuse d’autant plus aujourd’hui que les chantiers reprennent. « Entre 1 500 et 2 000 emplois se créent par an dans cette branche “maintenance des matériels”. Et cette proportion va croissant. Si nous prenons les seuls besoins de main d'oeuvre relatifs aux travaux du Grand Paris Express et des JO 2024, nous estimons que 3 000 personnes qualifiées devront être embauchées d’ici 2019  ». Dans la branche plus large des métiers « BTP » exerçant directement ou indirectement pour le Grand Paris Express, Pôle Emploi évalue à 12 800 le nombre de nouveaux postes à pourvoir dès en 2018.

Ainsi présentée, la conjoncture favorable vis-à-vis de la construction creuserait la pénurie de main d’œuvre dans la spécialité de la maintenance des matériels TP. Philippe Girard voit le verre à moitié plein : ce regain d’emploi gonflant l'activité des travaux publics peut motiver les jeunes.

Une association d'utilité publique pour collecter des fonds

Le changement de nature juridique de la commission du Club Seimat en association à but non lucratif devrait permettre à partir de février 2019 de récolter de premiers fonds issus de la taxe d’apprentissage.  « Peu de chefs d’entreprises connaissent leur droit de verser une part de leur taxe d’apprentissage. Appelé “barème”, ce quota peut être versé à des associations à but non lucratif concourant par des actions de formation professionnelle, à offrir aux jeunes [sans qualification] une [nouvelle] chance d'accès à la qualification », pointe-t-il. À force de persévérance et d’actions « pratico-pratiques », comme aime à les nommer Philippe Girard, l’équipe du Club Seimat — 8 bénévoles — et ses entreprises adhérentes sensibilisent les chefs d’entreprises sur l’importance de leur rôle. Avec leur concours, le Club Seimat ambitionne d’obtenir, à moyen terme, 100 000 €. Cette enveloppe compléterait les 100 000 € accordés par le Seimat lui-même.

 Son suivi vis-à-vis des étudiants

L’association encourage les jeunes à communiquer entre eux. « Nous avons bien compris que les témoignages de jeunes adressés aux jeunes ont bien plus de résonance que les discours de (vieux) chefs d’entreprises ! », sourit le président associatif. Aussi, le Club Seimat motive les apprentis à diffuser des vidéos sur les réseaux sociaux. « Nous réfléchissons à ouvrir une chaîne Youtube, par exemple en complément de nos compte Facebook, LinkedIn et Twitter », poursuit-il.

Les concours organisés par le syndicat vont dans ce sens de mise en valeur des lauréats, de leur parcours d'études, autant d'éléments susceptibles de susciter des vocations chez de futurs apprentis. La remise des prix traditionnelle illustrant le concours du Club sera organisée chez Wacker Neuson à Brie-Comte-Robert (Seine-et-Marne) le 27 juin. « Cette année, plus de 600 jeunes ont participé — contre 546 compétiteurs concourant en 2017. Ils se sont mesurés à des épreuves théoriques et pratiques, telles que des recherches de panne ». Le Graal de leurs récompenses : les offres de stage proposées par les entreprises membres. « Jusqu’ici, ces expériences professionnelles étaient adressées à des niveaux CAP et bacs Pro. Pour la première fois, en 2018, elles s’ouvriront en plus aux élèves de 1e année BTS ».

Les fonds supplémentaires obtenus à moyen terme permettraient à ces concours de s’ouvrir à davantage d’établissements nationaux, d’autant plus qu’une autre catégorie de « challenge » sera décernée à Brie-Comte-Robert : le « Super-prix » où s’affrontent les gagnants des années précédentes. Après avoir fait s’exprimer les compétiteurs 2017 sur la façon dont ils valoriseraient les métiers de la maintenance des matériels BTP auprès de leurs « cadets », le thème 2018 sera environnemental : comment rendraient-ils leurs méthodes de travail en atelier plus respectueuses de l’environnement ? La philosophie du Club Seimat est ainsi de stimuler la participation des apprentis, récompensés ou non. « De fil en aiguille, davantage de cadets s’intéresseront à ces branches professionnelles délaissées », assure le président du Club Seimat.

Son suivi vis-à-vis du corps enseignant

L’association chaperonne enfin le corps enseignant au travers notamment de ses universités d’été. Pour le moment, un rendez-vous revient chaque fin de mois d’août. Des professeurs techniques volontaires peuvent bénéficier d’entraînements dispensés par des formateurs volontaires issus des 35 sociétés adhérentes au Seimat. « Ils peuvent recevoir des conseils, des outils pédagogiques, de l’accompagnement moral, parfois. De sorte de débuter l’année scolaire avec le plus de confiance en soi possible. Si le budget venait à grossir, nous pourrions multiplier ce genre d’événement », détaille Philippe Girard.

Les pistes à approfondir

Si, globalement, le Club Seimat ne prévoit pas d'engager d'autres actions si son financement venait à croître, il approfondira ses actions ultra-pratiques déjà entamées. « Par exemple, le bus découverte, jusqu’ici destiné à emmener des classes de collège au contact de concessionnaires voire chez des constructeurs, puis dans des établissements de formation où les élèves peuvent se projeter en apprentissage, pourrait être développé à d'autres niveaux scolaires ».

Autre projet envisagé par le Club : agir en faveur de la préparation au double diplôme. Dans les métiers liés au TP, celui du conducteur d’engins est le plus prisé. « Dans un premier temps attiré par le pilotage, le jeune peut voir son aspiration s’effriter au fil des années : tâches rébarbatives, usure musculaire… Pour pallier un éventuel désenchantement, l’idéal serait de proposer autant que possible des doubles diplômes, soit dès la formation initiale soit plus tard, lors de la formation continue », émet Philippe Girard.

Transition toute trouvée pour évoquer une autre branche à soigner : la formation continue, domaine dans lequel le Club Seimat n’intervient pas (encore). Les besoins sont multiples pourtant. Mais c’est un autre chapitre à écrire.

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