FFB : pourquoi le bâtiment pourrait replonger ?

Si le bâtiment affiche une progression de 2,3 % de son activité en 2018, la Fédération française du Bâtiment a laissé entendre, ce matin, ses craintes pour les exercices 2019 et 2020. « Nous sommes encore en mesure d’éviter un nouveau cycle de dépression », commente Jacques Chanut, président de la FFB. La fédération explique les raisons de ses réserves.

Si les carnets de commandes remplis ne devraient pas réduire l’activité du bâtiment au premier semestre, le ralentissement des mises en chantier pourrait néanmoins montrer des effets délétères en deuxième partie de l’année. « Ainsi, la profession devrait connaître un fléchissement de 0,5 % en volume en 2019 », évalue la Fédération. En 2018, l’organisme a recensé 404 000 démarrages de travaux, tandis qu’un an plus tôt, 428 000 unités avaient été débutées.

Logement neuf à la peine, non résidentiel en plein boom

L’évolution du logement dans le neuf représente bien la tendance de repli observée en 2018 par rapport à l’année précédente : il progressera à fin 2018, selon les estimations, de 2,8 % (contre 13,3 % en 2017), « près de 377 000 logements seront commencés l’année prochaine, soit 27 000 de moins qu’en 2018, soit – 6,6 %. À l'inverse, les constructions dans le non résidentiel neuf aura bondi de 7,4 % cette année (contre +3,5 % en 2017), tirées par les demandes en bâtiments administratifs », observe Jacques Chanut.

Mais le contexte institutionnel devrait, selon les indicateurs de la FFB, montrer un tableau en demi-teinte, l'année prochaine. La fédération souligne trois points influents :

  • le plan Pinel ne sera pas rétabli, au grand dam de la Fédération, dans les zones B2villes de plus de 50 000 habitants et celles ayant obtenu un agrément spécial de la part de la Préfecture et Chors zones A, A bis, B1 et B2 (voir le détail des zones ici)
  • l'encadrement relatif aux déductions fiscales concernant les travaux d’amélioration-entretien n’aideront pas le décollage du secteur, toujours bien atone (+0,8 % en 2018 et +1,5 % en 2017)
  • le taux de TVA continuera d’être à hauteur de 10 % pour tous travaux exceptés ceux inhérents à la rénovation énergétique (5,5 %)

Ces trois facteurs devraient également, selon la FFB, infléchir les commandes de logement collectif et ce, de façon plus prononcée que dans l’individuel. L'organisme table sur des pourcentages respectifs de – 7,2 % et 5,9 %.

Une fin de cycle encore contournable ?

S’ils montrent un ralentissement de la croissance, ces indicateurs peuvent toutefois retrouver une ascendance plus franche. "Beaucoup de chiffres nous préviennent du risque d’un retournement et nous interroge déjà sur la fin d’un cycle mais il est encore temps d’inverser la tendance", affirme Jacques Chanut. Cette nuit, Julien Denormandie, ministre chargé de la Ville et du Logement a annoncé qu’il rouvrait le dossier du Prêt à taux zéro (PTZ) dans le neuf, théoriquement stoppé en 2019.

Cette déclaration fait partie des signaux encourageants pour la FFB.  Elle continue toutefois de plaider pour le retour du PTZ, pour les constructions en zones détendues B2 et C (à hauteur de 40 % du coût de l’opération). Et ce, avant le mois de juin prochain.

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