FFB : “Le rebond de 2021 sera insuffisant”

La FFB a communiqué ses chiffres établissant un bilan annuel du secteur du bâtiment.

La FFB a communiqué ses chiffres établissant un bilan annuel du secteur du bâtiment.

Le bâtiment ne pouvait échapper à la crise planétaire faisant bouger toutes les lignes économiques. Olivier Salleron, président de la FFB (Fédération française du bâtiment) n’a pas cherché à arrondir les angles. « L’activité du bâtiment chutera de 15,2 %, atteignant 375 000 logements neufs construits fin 2020, par rapport à l’année passée. Quand, dans le même temps, le PIB reculera de 9 % en volume », estime-t-il. En clair, la profession perdra 23 Md€ entre 2019 et 2020. En se repliant de 22,5 %, la construction neuve reste de loin le segment le plus lésé, surtout le non résidentiel (-22,8 %), puisque l’amélioration-entretien pâtit d’une baisse moins abrupte à – 8,8 %. Les chantiers relatifs à ce secteur ont rapporté un chiffre d’affaires égal à 72 Md€ contre 79 Md€, un an plus tôt.

Selon la FFB, les surfaces mises en chantier cèderont 7,3 % en 2021, atteignant 16,8 millions de m2, un point bas historique depuis 1986.

Selon la FFB, les surfaces mises en chantier cèderont 7,3 % en 2021, atteignant 16,8 millions de m2, un point bas historique depuis 1986.

La FFB reconnaît que le gouvernement a consenti à de nombreux efforts parmi lesquels les reconductions des dispositifs Pinel et prêt à taux zéro jusqu’en décembre 2021 pour l’un ; décembre 2020 pour l’autre. Il va, de plus, débloquer progressivement à partir de l’an prochain, une enveloppe de 75 Md€ pour soutenir la rénovation énergétique.

Neuf : - 12,2 % en 2021 vs 2019

Cela dit, elle pointe toujours ce qu’elle nomme une « absence de soutien » pour la construction neuve segment qui devrait, selon ses pronostics progresser que de 13,2 % (logement et non résidentiel) en 2021 par rapport à l’année précédente. Mais si la comparaison s’établit avec l’année 2019, l’activité neuve accusera une baisse de 12,2 %. Si le segment de l’amélioration-entretien y est ajouté, l’activité ressortirait à – 5,6 %, en fin d’année prochaine.

« Nous sommes sur une courbe de reprise et non de relance », observe Olivier Salleron. Parmi les solutions qu'il propose pour soutenir le segment neuf, demeure un crédit d'impôt au profit d'investisseurs qui emprunteraient pour faire construire. Cette mesure pourrait générer "plus de 30 000 opérations pour un montant annuel moyen de 460 000 €", assure-t-il.

Les bâtiments industriels représenteront l'un des rares secteurs à connaître le positif en 2021. Les surfaces autorisées devraient croître de 2,7 %

Les bâtiments industriels représenteront l'un des rares secteurs à connaître le positif en 2021. Les surfaces autorisées devraient croître de 2,7 %.

Le + 11,3 % en volume du bâtiment prévu par la FFB en 2021 ne suffira pas à redresser le gouvernail. Seuls 328 000 logements neufs seront par exemple construits l’année prochaine, touchés par des autorisations de chantier en déclin de 9,1 %. Les mises en chantier de toutes natures, elles, se contracteront de 7,5 % en 2021, représentant 16,8 millions de m2 (alors que la moyenne depuis 1986 est de 23,6 millions de m2).

Les secteurs qui résistent

Dans ce sombre tableau, des lueurs d’optimisme percent. La première concerne les bâtiments industriels et assimilés qui résisteront en 2021, affichant une hausse de 2,7 % des surfaces autorisées. Ensuite, les entrepôts logistiques resteront, d’un côté, portés par l’essor du commerce en ligne. Les locaux industriels devraient, de l’autre, augmenter de 4,5 % leurs investissements. Le front de l’emploi se défend bien également : si 30 000 intérimaires ont perdu leur emploi ou ne l’ont pas vu renouveler, 20 000 embauches ont été contractualisées en 2020. Les effectifs en apprentissage ont, bien discrètement, gagné entre 5 et 10 % cette année.

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