Bordeaux assainit le terrain de son futur Tram D

La ville de Bordeaux est en pleine ébullition… La nouvelle ligne TGV relie dorénavant Paris à la Perle d’Aquitaine en 2h04. La gare nous accueille sous la plus grande verrière d’Europe dont les échafaudages viennent tout juste d’être ôtés. Et, le projet de modernisation et d’extension des infrastructures de la métropole ne s’arrête pas là ! Une quatrième ligne de tram est en train d’être tracée au nord-ouest, entre Bordeaux et Eysines. En 2019, le réseau sera le plus long de France.

Or, pour avancer sans encombre, la maîtrise d’ouvrage, Bordeaux métropole a mandaté Suez Eau France, en tant que maîtrise d’œuvre pour dévoyer 15 km de réseaux unitaires d’assainissement — eaux pluviales et domestiques — dans le cœur de ville (2,5 km) mais surtout dans sa périphérie (12,5 km). « Débutés en 2014, les travaux ont pour but de dévier l’ensemble des réseaux enterrés sous la trajectoire du futur tramway. Celui-ci desservira 15 stations entre la place des Quinconces et le lieu-dit des Cantinolles », expliquent Isabelle Thomas et David Laurenti, de la direction de l’Eau.

Aujourd’hui, seize fronts de chantiers mobilisent une vingtaine d’équipes travaillant jusqu’à 2,50 mètres sous terre, dans des tranchées de 1,40 à 3 mètres de large. « Notre difficulté principale est faire coïncider la pose de nos réseaux avec les installations existantes qui ne doivent en aucun cas être touchées », poursuivent-ils. Un jeu de Mikado, en somme, divertissement en moins, bien sûr, car l’enjeu est très  délicat.

 Sols très hétérogènes
TramD-Bordeaux2

Cette pose de tubes et regards en PRV s'avère la dernière sur ce tronçon-là (Eysines). Cette pelle Liebherr 920 Compact fait partie de la quarantaine réquisitionnée sur l'ensemble du chantier.

Outre les réseaux de concessionnaires à contourner, la nature des sols est également épineuse. Si la géologie à l’intérieur de Bordeaux s’avère essentiellement argileuse, celle des faubourgs nord-ouest mélange roches, sable et eau, ce qui détermine un sol plutôt meuble et poreux. « Maîtrise d’ouvrage et maîtrise d’œuvre ont donc pris le parti de poser des tuyaux Hobas sur l’ensemble du plan de route. Sept des quinze kilomètres seront dotés de tubes en polyester renforcé de fibres de verre (PRV), explique John Peperiot, ingénieur d’affaires Hobas France, car l’environnement urbain est dense, l’emprise faible et, le risque de courants électriques dans les sols, fort ». Pour éviter le vieillissement prématuré des canalisations, ces structures en PRV résistantes à la corrosion ont été jugées plus appropriées.

À proximité de nappes phréatiques, de zones protégées voire humides, les compagnons doivent de toutes façons trouver une alternative : la fonte est exclue !

 4 378 mètres de tubes PRV

Alors que 60 % des 15 km de linéaires (hors branchement) ont été posés, la majeure partie des travaux restants se trouvent sur la commune d’Eysines, à l’extrême Nord-Ouest de Bordeaux. Selon les cas, trois ensembles d’un diamètre de 200 à 1 200 mm, peuvent y être mis en œuvre :

- en contexte technique et hydrogéologique diagnostiqué de « normal » : le tuyau PRV est couplé avec un regard en béton

-  en zone à protéger : le tuyau PRV présente une double enveloppe et un regard à simple entrée

Cet ensemble "tube et regard" en polyester renforcé de fibres de verre double est dédié aux sols à protéger.

- en zone fragile : le tuyau PRV présente une enveloppe et un regard doubles

Les compagnons avançant entre 15 à 20 mètres par jour, la pose de 4 378 mètres de PRV en souterrain devrait être terminée d’ici la fin de l’année, de façon à passer le relais à la mise en place du fameux tramway D. À sa mise en service en 2019, le réseau bordelais deviendra le plus long de France. Les lignes A, B, C et D des tramways sillonneront 77 kilomètres.

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