Layher : un échafaudage “suspendu” au château de Versailles

Après le bassin et les parterres de Latone entre novembre 2012 et juin 2013, la rénovation de l’aile de Trianon-sous-bois trois ans plus tard, voici venu la restauration de la Chapelle royale du château de Versailles. Un échafaudage — dont une partie a été « suspendue » — par Layher de 4 700 m² est dorénavant prêt pour la dépose du premier élément. Elle aura lieu lundi 5 mars.

Achevée en 1710, la Chapelle royale de Versailles est considérée comme l’un des derniers chantiers menés sous le règne de Louis XIV. Or, les dernières interventions d’envergure sur cet édifice remontent aux années 1970. "De graves désordres structurels ont été repérés comme des problèmes de stabilité, de fissures sur les maçonneries d'appui ou de fuites", expose le maître d'oeuvre Frédéric Didier, architecte en chef des monuments historiques, justifiant une intervention urgente.

Pour ainsi assainir l’extérieur en pierre de l’édifice, une première opération a été engagée début 2017 sur la couverture. Tandis que la charpente, les ardoises, les ornements en plomb et les dorures poursuivent leurs travaux — la fin de cette tranche est prévue début 2019 —, Layher a été missionné pour fournir et installer un échafaudage de 4 700 m² (400 tonnes d’échafaudage nommé Universel), sur une hauteur de 50 mètres.

Échafaudage sur plusieurs niveaux

Au début de l’installation en octobre dernier, Layher confiait devoir relever trois défis majeurs :

  • Concevoir une structure d’échafaudage enveloppant l’ensemble de l’ouvrage en prenant en compte son architecture particulière, puisque celle-ci s’élève depuis plusieurs niveaux (celui de la cour d’honneur, celui de la cour intérieure de l’aile du Midi, et celui des jardins). L’implantation des échafaudages a donc nécessité des réglages de niveaux très minutieux afin d’obtenir le raccordement de l’ensemble au niveau haut.
Pas d'appui sur le faîte
  • Deuxième contrainte incompressible : imaginer un échafaudage pouvant s'affranchir de reposer sur les rampants de toiture. « Classé, l’édifice ne l'aurait permis. Et pourtant, les ouvriers maîtres charpentiers et couvreurs devront accéder sans entrave », rappelle Layher. La restauration du monument implique de mettre à nu sa charpente en déposant toutes ses ardoises et ses ornements en plomb. » Layher a donc opté pour une structure s’appuyant sur la coursive haute de la Chapelle, de part et d’autre de la toiture. Le spécialiste a ensuite reconstitué une poutre au-dessus de la toiture sur laquelle l’échafaudage a été suspendu.  L’articulation au niveau du bas de la toiture a été travaillée de sorte que l’échafaudage soit le plus réduit possible au niveau des façades. Sur les 42 m de long de l’édifice, une plateforme centrale et un système de pont roulant avec un palan d’une tonne ont été aménagés pour déplacer, puis élever le cas échéant les éléments sculptés en plomb, lesquels seront au préalable restaurés en atelier.
Toiture parapluie de 1 500 m²
  • Enfin, le dernier défi concernait le "grutage" de la toiture parapluie géante de 1 500 m² et d’une portée de 25 mètres qui recouvre l’ouvrage. Son emprise au sol et son installation devaient éviter de surcharger le réseau souterrain des canalisations irriguant les fontaines du parc. Layher a ainsi privilégié la préfabrication au pied de la Chapelle royale. « Quatorze fermes en aluminium ont été préparées sur place puis hissées, trois par trois, à l’aide d’une grue à tour mobile se caractérisant par une flèche de plus de 60 mètres de long, adaptée à la configuration des lieux, enclavée sur toute sa longueur entre deux bâtiments », précise le groupe.
3 000 m² de façade à rénover

Maintenant que les 4 700 m² d’échafaudage ont terminé leur ajustement, le chantier est prêt à se voir déposer le premier élément. Cette opération aura lieu lundi 5 mars. Elle ouvrira la phase de restauration de la couverture, des parements, de la statuaire et des vitraux de la partie supérieure de la Chapelle, au-dessus du grand entablement qui couronne ses deux premiers niveaux. Des travaux complémentaires sont  programmés pour les parties basses. Cette phase est prévue pour durer environ 3 ans. 3 000 m² (sur 5 200 m²) de façades devraient être, à terme, traitées.

vue de la Chapelle Royale (Château de Versailles) avant et après les travaux.

A gauche, la Chapelle Royale avant les travaux. À droite, la projection, une fois le chantier terminé.

Pas de commentaire.

Ajouter un commentaire

Vous devez être Connecté pour poster un commentaire.